Dans une lettre ouverte publiée jeudi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proposé à son homologue russe, Vladimir Poutine, une rencontre directe. Cette initiative intervient alors que le Kremlin a reconnu la nécessité de renforcer ses défenses antiaériennes après une série d'attaques de drones ukrainiens.
Malgré l'absence de réponse immédiate de Poutine, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a mentionné que le président russe serait ouvert à une rencontre à Moscou, proposition que Zelensky semble repousser.
"Nous souhaitons mettre un terme à ce conflit par un contact direct," a déclaré Zelensky, suggérant comme lieux potentiels de rencontre des pays comme la Suisse, la Turquie ou même des nations du monde arabe.
Le président ukrainien a également signalé être "prêt pour un cessez-le-feu total pendant les négociations", aux côtés des pays européens et des États-Unis, permettant d'inclure des parties importantes dans le processus.
Commentant la situation, l'ancien président américain Donald Trump a exprimé que ce dialogue direct serait bénéfique, rappelant que des compromis seraient nécessaires de part et d'autre.
Cette lettre arrive après des frappes ukrainiennes ciblant des infrastructures clés en Russie, notamment un terminal pétrolier à Saint-Pétersbourg, ville natale de Poutine, débutant ainsi le Forum économique international (SPIEF).
Depuis le début de l'invasion russe en février 2022, Zelensky n'a pas eu beaucoup de contacts directs avec Poutine, mais il a exprimé à plusieurs reprises sa conviction qu'un face-à-face était essentiel pour aboutir à un accord.
Les discussions de paix, sous la médiation des États-Unis, sont paralysées depuis des mois. Moscou exige des concessions de Kiev, notamment en termes de territoire, demandant entre autres un retrait complet des forces ukrainiennes de la région de Donetsk, une condition jugée inacceptable par Kiev.
L'Ukraine a également proposé un cessez-le-feu prolongé, une suggestion qui n’a pas été acceptée par Moscou, qui craint que cela permette à l'armée ukrainienne de se renforcer.
Le président russe a soulevé des questions sur la légitimité de Zelensky à mener ces négociations, soulignant que son mandat prend fin en 2024. Actuellement, sous la loi martiale, aucune élection n’est envisageable.
Lors d’une récente déclaration, Poutine a précisé qu'il n'acceptera de rencontrer Zelensky qu'une fois qu'un accord de paix sera établi par les équipes de négociations. Cependant, Zelensky continue de faire pression pour discuter des conditions de paix.
Le président ukrainien a insisté, dans sa lettre, que si la Russie ne prend pas des mesures pour mettre fin à cette guerre, l'Ukraine continuera à défendre son existence. De son côté, Poutine a affirmé que ses troupes progressent sur toute la ligne de front, bien que des analyses récentes indiquent une légère reprise de terrain par l’Ukraine.
Selon l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), l'Ukraine a réussi à regagner 282 km² en mai, réduisant ainsi la zone contrôlée par Moscou. Cela met en lumière la dynamique en constante évolution du conflit et la détermination de l'Ukraine à résister face à l'agression russe.







