Mercredi, l'armée israélienne a intensifié ses opérations aériennes au Liban, touchant principalement des véhicules dans le sud de Beyrouth. Selon le ministère libanais de la Santé, ce bombardement a fait douze morts, soulevant des craintes quant à une escalade de la violence, malgré la trêve instaurée le 17 avril.
Ces frappes surviennent alors que le Liban et Israël, qui n'ont pas de relations diplomatiques, doivent entamer une nouvelle série de pourparlers à Washington, sous l'égide des États-Unis, ce qui n'est pas du goût du mouvement Hezbollah, soutenu par l'Iran.
D'après les informations fournies par le ministère de la Santé, huit des victimes, dont deux enfants, ont été tuées lors de frappes ciblant trois véhicules sur une route très fréquentée, à une vingtaine de kilomètres au sud de Beyrouth. Des témoins, y compris des photographes de l'AFP, ont rapporté avoir vu des voitures calcinées et des secouristes évacuant les corps.
En outre, une autre frappe a touché un véhicule à l'entrée de Saïda, également dans le sud, causant la mort d'une personne et blessant une autre. Des frappes similaires dans la région de Tyr ont également fait trois victimes supplémentaires, selon l'Agence nationale d'information (ANI).
Depuis le début de la trêve, plus de 400 personnes ont perdu la vie, suivant un décompte de l'AFP basé sur les statistiques du ministère libanais.
En réponse à ces escalades, l'armée israélienne a émis des ordres d'évacuation pour plusieurs villages dans le sud. "Tsahal a intensifié ses frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah," a déclaré l'armée, peu après l'annonce des évacuations.
Le correspondant de l'AFP à Tyr a rapporté avoir vu des colonnes de fumée s'élever près de Bourj al-Chemali. De son côté, le Hezbollah a revendiqué des attaques réciproques contre les forces israéliennes sur son territoire, y compris des opérations menées à l'aide de drones explosifs.
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a exprimé sa préoccupation croissante face aux affrontements près de ses positions, signalant une augmentation dangereuse des activités impliquant des drones qui mettent en danger la vie de ses Casques bleus.
L'armée israélienne a établi une "ligne jaune" à quelques kilomètres de la frontière, et a récemment effectué une "opération spéciale" contre le Hezbollah, intensifiant ainsi la pression sur le groupe militant. Selon un représentant israélien, l'État hébreu se réserve le droit de répondre à toute agression dans le cadre de sa légitime défense, un point qui a été contesté par le Hezbollah.
Le Liban a demandé à Washington d’exercer une pression sur Israël pour mettre fin à ces frappes, juste avant les négociations. Néanmoins, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a averti que son mouvement transformerait cette bataille en "enfer" pour l'ennemi israélien.
Le bilan des frappes continues depuis le début de cette guerre s'est alourdi, dépassant 2 800 victimes, dont 200 enfants, selon les statistiques du ministère libanais. Ce chiffre inclut les pertes du Hezbollah, selon leurs propres déclarations.







