Les jeunes adoptent une nouvelle habitude qui pourrait redéfinir notre rapport au cinéma. Regarder des films en vitesse accélérée suscite de nombreuses interrogations, tant chez les professionnels de l'industrie que chez les cinéphiles.
En effet, cette pratique s'invite désormais jusque dans les festivals. Récemment, les organisateurs des Rendez-vous Québec Cinéma ont osé proposer une projection d'un long-métrage en version rapide. Un film de 1h40 a ainsi été compressé à une heure, afin d'attirer des spectateurs plus jeunes, habitués à consommer du contenu à un rythme effréné.
Ce choix audacieux vise à engager le débat sur notre façon de consommer le cinéma aujourd'hui. À l'ère des réseaux sociaux où les vidéos défilent à une vitesse folle, les jeunes de 14 à 29 ans voient leur attention de plus en plus morcelée. Certains n’hésitent plus à utiliser leur téléphone pendant qu'ils regardent un film, témoignant ainsi d'une tendance à la multitâche et d'une exigence de rapidité dans les expériences visuelles.
Une génération habituée à aller plus vite
Cette évolution pose la question de l’avenir de l’art cinématographique. Des experts comme le critique de cinéma Jacques Morel, cité par Culture.fr, s'interrogent sur la profondeur narrative que l’on risque de perdre avec cette tendance. "Un film, c'est avant tout une expérience immersive. Si l'on enchaîne trop rapidement les scènes, où est la place pour la réflexion ?" estime-t-il.
En parallèle, certains jeunes apprécient réellement ce format rapide qui s’aligne avec leur mode de vie. La diffusion en version accélérée pourrait donc s’établir comme un nouveau standard, modifiant notre approche du cinéma traditionnel. Les exploitants de salles se voient donc dans l’obligation de s'adapter à cette nouvelle réalité.







