Le GITeS, employant une trentaine d'agents, agit comme une force de sécurité privée, se distinguant des policiers et des agents de sécurité traditionnels. Leur mission : maintenir la propreté et la tranquillité des lieux de vie, souvent dégradés par la présence de dealers. Morgane, cheffe de groupe, explique que leur présence dissuade les activités illégales et ratifie un certain ordre dans le quartier.
Actions mesurées, résultats convoités
Lors des patrouilles, les agents, vêtus de gilets pare-balles, s'avancent prudemment vers les points de vente. "Notre objectif est de faire partir les individus de la résidence et de veiller à la propreté des lieux", déclare Morgane. Ce travail de dissuasion requiert un effort constant, car sans suivi, le trafic pourrait reprendre rapidement. Un adolescent, guetteur d'un point de deal, témoigne : "Il suffit d'une semaine de relâche pour que tout recommence".
Les anciens membres des forces de l'ordre, comme Morgane, connaissent bien les visages du trafic. Leur approche, bien que ferme, vise à établir une forme de dialogue. "La gérance des lieux se fait par la pression pour que les dealers nettoient leurs déchets et quittent les lieux", précise-t-elle.
Un modèle controversé pour l'avenir?
Malgré leur capacité à sécuriser certains HLM, des interrogations persistent. Les dealers évincés déménagent souvent dans les structures voisines, et la sécurité offerte par le GITeS n'est pas uniforme. Rémi, directeur de l'organisation, admet : "Nous déplaçons parfois le problème, mais notre mission se limite à notre périmètre d'action".
Le coût pour les bailleurs sociaux privés du Mirail s'élève à 2,5 millions d'euros par an, un investissement exclusif à leur secteur, laissant les bailleurs publics sans soutien équivalent. Bruno Bartocetti, d'Un1té, critique cette dépendance croissante à des solutions privées pour remplacer un service public de sécurité débordé.
Une collaboration nécessaire mais limitée
Pour le commissaire divisionnaire local, le GITeS facilite le travail police, mais il met l'accent sur la nécessité de maintenir des frontières claires entre leurs fonctions. "Ils s'occupent de la proximité, mais ne remplacent pas les agents de police", insiste-t-il. Les agents du GITeS collaborent régulièrement avec les forces de l'ordre, partageant des informations sur le terrain.
Aujourd'hui, ce modèle de sécurité privée fait des émules. Le GITeS a déjà étendu son influence à d'autres villes comme Nice et Montpellier, suscitant un intérêt croissant pour ce type d'initiative. Cependant, la question demeure : jusqu'où la sécurité privée peut-elle combler le vide laissé par un État en retrait ?







