Le tribunal judiciaire de Montpellier examinait, ce lundi 19 janvier, les accusations portées contre Robert Massaré, le président de l'association Les Anges de la rue. Il est reproché d'avoir exposé des sans-abris à des conditions d'hébergement et de travail indignes. Au moins huit bénévoles ont déposé plainte pour des comportements présumés illégaux survenus entre 2019 et 2022 à Gigean, dans l'Hérault.
Les sans-abris, qui œuvraient au sein de l'association, ont signalé avoir été logés dans des conditions précaires, recevant notamment des repas périmés. Cette situation a soulevé des questions éthiques sur la véritable nature de l'aide que l'association prétendait fournir. La présidente du tribunal a souligné que, même s'ils étaient sans abri, ils avaient droit à un traitement digne.
Au cours de l'audience, Robert Massaré, 72 ans, a déclaré avoir été « dépassé » par la situation. Pourtant, il a continué à défendre son action avec ferveur, affirmant qu’il offrait aux sans-abris « un beau logement et à manger ». Ces affirmations ont été rapidement remises en question, car les conditions de vie qu’il offrait étaient souvent jugées inacceptables, avec des caravanes dépourvues de douches ou de toilettes, et des logements présentant des risques électriques, comme l’a rapporté Le Midi Libre.
Le témoignage d’une bénévole a quant à lui mis en lumière des pratiques problématiques, signalant que des barquettes de nourriture périmée, jugées sûres par Massaré, étaient distribuées aux bénévoles. Une pratique qui, selon la présidente du tribunal, ne peut pas être considérée comme « humanitaire ». Ces préoccupations soulèvent des inquiétudes quant à l'encadrement et la supervision des associations caritatives en France.
Si Robert Massaré espère continuer son projet d’ouverture d’un nouveau centre d’hébergement, il devra d’abord affronter la sentence du tribunal, qui sera rendue le 16 février 2026. Le parquet a requis à son encontre une peine de six ans de prison, dont un avec sursis, ainsi qu'une obligation d'indemniser les victimes. Des demandes qui mettent en lumière la complexité des relations entre les associations caritatives et les communautés qu'elles servent.
Les avis d'experts en droit des associations soulignent l'importance d'une régulation plus stricte des pratiques associatives pour éviter de telles dérives. Ainsi, l'affaire de l'association Les Anges de la rue pourrait avoir des répercussions plus larges sur le paysage des organisations caritatives en France, incitant à une réflexion sur les responsabilités de ceux qui œuvrent au service des plus vulnérables.







