Le tribunal va rendre son jugement dans l'affaire tragique qui a secoué la France, celle de Elisa Pilarski, tuée en 2019 par des morsures attribuées à Curtis, le pitbull de son compagnon, Christophe Ellul. Le procès s’était déroulé en mars à Soissons, où le ministère public avait requis une peine de quatre ans de prison avec sursis pour Ellul et l'euthanasie du chien.
Le drame s'est produit le 16 novembre 2019. Elisa, âgée de 29 ans, a été retrouvée sans vie dans une forêt près de Soissons, le corps couvert de plus de cinquante morsures. Quelques instants auparavant, elle avait appelé son compagnon à l'aide. Ellul a longtemps douté de la culpabilité de Curtis, suspectant plutôt des chiens de chasse, mais les enquêtes ADN ont mis en évidence que seul Curtis était impliqué.
Le tribunal de Soissons, dont le jugement est attendu à 14 heures, doit également se prononcer sur des circonstances aggravantes, notamment l'importation illégale de Curtis et le dressage de ce dernier. Un point saillant est qu'Ellul n'avait pas pris de précautions pour que sa compagne, enceinte et de petite taille, ait à se retrouver seule avec le chien.
Le parquet a suggéré de requalifier les faits en homicide involontaire simple, arguant qu'Ellul n’avait pas pleinement conscience du danger que présentait son chien. Au cours du procès, sa relation avec Curtis a semblé évoluer, mais il a aussi fait part de sa souffrance émotionnelle face à la perte d’Elisa, comme l’a décrit son avocat, Me Alexandre Novion.
La question du sort de Curtis, enfermé depuis les événements, a généré des réactions passionnées. Plus de 100 000 signatures ont été recueillies sur des pétitions demandant sa grâce, soulignant une forte mobilisation en faveur de sa réhabilitation. Actuellement, à huit ans et demi, Curtis est retenu dans un chenil en Haute-Garonne.
L'association de protection animale Les amis de Sam a même proposé d'accueillir Curtis, affirmant qu'il pourrait être rééduqué. D’autres organisations, telles que AVA - Agir pour la vie animale, soutiennent cette vision. Dans une pétition, il est précisé que la grâce ne signifie pas innocenter Curtis, mais reconnaître qu’il est possible de protéger la société tout en préservant une vie.
Le représentant de la famille d’Elisa, Me Xavier Terquem-Adoue, a fait savoir qu’il ne commenterait pas avant le dédelibéré. Cependant, il a souligné à Reporterre que Curtis, bien qu'étant une victime de l’éducation de son maître, présente un danger. Un rassemblement de soutien pour Curtis est prévu devant le tribunal à partir de 11h00, mettant en lumière les tensions entre la protection animale et le sentiment de justice dans cette affaire tragique.







