À la suite de la tragique disparition de la collégienne Lyhanna, les magistrats du tribunal d'Auch font part de leur vive inquiétude face à la montée d'une "vindicte populaire" qu'ils attribuent à un "discours politique décomplexé". Ce mardi 9 juin, ils ont adopté une motion qui dénonce le climat hostile qu’ils subissent, exacerbé selon eux par les réactions des acteurs politiques, comme l'ont signalé Libération.
Selon cette motion, les magistrats voient leur sécurité menacée, affrontés à des insultes et des menaces de mort, notamment à l'encontre de la Procureure de la République. La dégradation du climat de confiance dans le système judiciaire est alarmante : "Cette défiance publique envers la magistrature entraîne des conséquences désastreuses", y est-il mentionné.
Des répercussions politiques et des avertissements
Les mots des magistrats font écho à ceux du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, qui a évoqué une semaine auparavant des "dysfonctionnements accablants et inacceptables" au sein des services de l’État. Emmanuel Macron a également déclaré que "ces irrégularités sont inacceptables", ajoutant que des sanctions pourraient être envisagées contre les magistrats concernés si des fautes étaient établies.
Face à cette situation, les magistrats d'Auch insistent sur leur charge de travail excessive, rapportant avoir enregistré 10 000 plaintes en 2025 pour seulement "trois magistrats du parquet pour une population de 192 000 habitants". Dans cette même motion, ils ont tenu à exprimer leurs pensées envers la famille de Lyhanna, affirmant se solidariser avec leur douleur.
Cette situation incite à une réflexion plus large sur le rôle du discours politique dans la perception du système judiciaire et sur comment les paroles peuvent influencer l’opinion publique et la sécurité des magistrats dans l’exercice de leurs fonctions.







