La douleur est palpable suite à la tragique disparition de Lyhanna, une collégienne de 11 ans, retrouvée sans vie dans le Gers. Cette affaire soulève des interrogations prégnantes sur le traitement des signalements d'abus. Lors de sa visite à l'hôpital de Toulon, la ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a réagi avec émotion en dénonçant des "dysfonctionnements" dans la gestion des précédentes plaintes concernant l'auteur présumé.
Aurore Bergé s'est montrée particulièrement "choquée" par les conditions dans lesquelles une plainte relative à un enfant de 10 ans avait été traitée, notamment le fait que la jeune victime ait été mise en contact avec son agresseur lors de la procédure. Elle a insisté sur l'importance de protéger la parole des enfants, déclarant : "C'est quelque chose qui ne doit normalement plus se faire. Nous possédons des 'salles Mélanie', adaptées et sécurisées pour recueillir la parole des mineurs. Des questions doivent être posées sur les décisions qui ont récemment conduit à traumatiser davantage cet enfant, qui a ensuite choisi de se rétracter." Ce cas illustre les défis persistants dans le traitement des plaintes pour violences sexuelles, comme le souligne l'expert en droit de l’enfance, Maître Dupuis.
une nécessité de réécouter les enfants victimes
La ministre a également évoqué un questionnement plus large sur la manière dont la société prend en compte les avertissements émis par des jeunes filles avant le drame. Elle a affirmé : "Depuis Outreau, on a mis en cause la crédibilité de la parole des enfants. Il est essentiel de réapprendre à écouter ces victimes." Bergé exige que les adultes soient mieux formés à détecter les signes de détresse chez les enfants, tels que les troubles du sommeil ou du comportement.
une loi pour un avenir plus sécurisé
En parallèle, Aurore Bergé a annoncé un projet de loi visant à créer une "liste noire" des auteurs de violences sexuelles, permettant d’empêcher ceux qui ont été écartés d'un établissement pour abus de retrouver un emploi dans une structure accueillant des enfants. Cette initiative, qui devrait être mise en place au niveau national, vise à permettre aux recruteurs de vérifier les antécédents criminels de candidats potentiellement dangereux. De nombreux défenseurs des droits des enfants saluent cette avancée, considérée comme un pas vers une meilleure protection des plus vulnérables.







