Chez Optic 2000, à Tarbes, l'entrée de la boutique est restée grande ouverte pendant plus de trois semaines depuis l'incident du 6 mai, lorsque des eaux usées ont envahi le sous-sol du magasin, dégradant l'atelier, la réserve, ainsi que les espaces de cuisine et de repos. Les opticiens, Jean et Jean-Claude, se retrouvent dans une situation précaire, avec des interventions de pompage ayant été réalisées, mais aucun suivi ou aide de la part des autorités locales.
Jean-Claude déclare : "Bien qu'une citerne ait été mise à disposition pour le pompage, nous n'avons eu aucune nouvelle des élus depuis. Ils semblent avoir disparu, alors qu’ils étaient présents lors de la campagne électorale. Nous risquons de devoir fermer pendant plusieurs jours pour réaliser les réparations nécessaires, le matériel endommagé doit être remplacé, et une décontamination complète est inévitable." Ce sentiment d'abandon se traduit par une frustration face à la gestion des crises par les pouvoirs publics.
Des conditions de travail insupportables
La vie quotidienne des opticiens a drastiquement changé. "Il est devenu essentiel de porter un masque à l’atelier, car les odeurs d'eaux usées et de moisi sont insupportables", explique Jean-Claude. Ils doivent ouvrir les fenêtres et activer la climatisation pour aérer, mais cela reste insuffisant. Les mouches prolifèrent alors qu'ils s’efforcent de maintenir une propreté acceptable. L'atelier a même dû externaliser certaines de ses activités en raison de l’indisponibilité de leurs machines, entraînant ainsi des retards et des pertes estimées à 10 000 euros.
Angoisse face à de futurs incidents
Les opticiens ont également des préoccupations concernant la structure même de leur magasin. Jean-Claude évoque la nécessité de remplacer certains meubles et parties de la façade. "Nous voulons un aménagement qui soit fonctionnel et surélevé pour éviter que cela ne se reproduise. Nous avons déjà dû nous débarrasser de tout ce qui était au sol, des archives aux décorations. C'est physiquement et psychologiquement éprouvant", dit-il.
Un des principaux soucis concerne la mise en conformité de leurs systèmes d'assainissement avec des clapets anti-retour, une exigence légale qu'ils n'ont pas pu respecter. "Cela ne dépend pas de nous, mais nous avons à en subir les conséquences. Nous espérons maintenant que nos pertes seront prises en charge par les assurances, mais la peur de ne pas être couverts persiste. En attendant, nous faisons de notre mieux pour ne pas perturber notre clientèle", conclut Jean.







