Pour la seconde fois en un peu plus d’un an, l’olivier de la fraternité, planté par le Groupe de dialogue interreligieux des Hautes-Pyrénées dans le parc Raymond-Erraçarret à Tarbes, a été volé. Cet acte soulève de nombreuses interrogations parmi les représentants des différents cultes, qui voient en cela une atteinte à un symbole de paix, mais restent déterminés à poursuivre leurs efforts.
"Nous voulons dire à la personne qui a fait cela à quel point cela nous fait de la peine", déclare André Pastor, membre du collectif. La disparition du nouvel arbre de la fraternité suscite tristesse et incompréhension. Dernièrement, à la suite d'une promenade dans le parc, des membres du groupe ont signalé que l’olivier avait de nouveau disparu. Il ne reste sur place qu’un trou béant, l’arbre ayant été arraché après avoir été replanté cet hiver.
Les circonstances du vol laissent perplexes les membres du groupe. "Cela nous attriste beaucoup. Nous nous demandons si quelqu’un a voulu récupérer l’arbre pour le planter dans son jardin ou si c’est le symbole qu’il représente qui dérange", s’interroge Pastor. À ce jour, aucune revendication n’a été formulée et la stèle installée au pied de l’olivier n’est pas dégradée, ce qui complique l'interprétation des motivations des auteurs de cet acte.
Réunis récemment, les membres du Groupe de dialogue interreligieux ont longuement débattu des mesures à prendre. Doivent-ils replanter un nouvel arbre, changer son emplacement, ou renforcer sa protection ? Tous s’accordent à dire qu’il est crucial de continuer cette initiative. "Je pense que nous devons replanter mais dans un endroit plus sécurisé", suggère une participante. Une autre rappelle que "nous sommes un groupe interreligieux qui prône des valeurs de tolérance, de partage et de fraternité; nous devons déposer plainte à nouveau."
Symbole de valeurs
Une première plainte avait déjà été déposée après le vol de l’ancien olivier planté dans le parc l’année précédente. Cette fois, le collectif hésite à impliquer les forces de l’ordre. En plus de la perte matérielle, les membres regrettent surtout l'atteinte portée à un symbole qu’ils jugent essentiel dans le contexte actuel.
Rappelons que cet olivier avait été planté le 4 février 2025, lors de la Journée mondiale de la fraternité humaine, proclamée par l’Organisation des Nations unies. Une cérémonie avait eu lieu en présence de Gérard Trémège, maire de Tarbes, Jean Salomon, préfet des Hautes-Pyrénées, d’élèves du lycée horticole Adriana et des représentants des différentes confessions du département.
Le choix de l’olivier n’était pas anodin. Dans diverses traditions religieuses, il incarne la paix, l’espoir et la réconciliation, des valeurs que défend le Groupe de dialogue interreligieux des Hautes-Pyrénées, qui regroupe des représentants des principales confessions présentes sur le territoire (catholique, protestante, musulmane, juive) dans le but de favoriser la compréhension mutuelle et le vivre-ensemble.
Malgré ce nouvel incident, le collectif refuse de céder au découragement. Pour ses membres, l’arbre de la fraternité est plus qu’un simple olivier; c’est un message qu’ils continueront à faire passer.







