Nabil se déplace difficilement dans la salle d’audience, sa canne à la main. Ce miraculé traîne les séquelles de l’agression dont il a été victime dans la nuit du 7 mars 2024. Des expertises médicales révèlent des traumatismes rares, notamment un hématome sous-dural, attestant de la brutalité de l’attaque. Selon le docteur Julien Partras, ce type de blessure est typiquement le résultat de violences extrêmes.
«Les rugbymen et boxeurs n’ont généralement pas de lésions similaires après un K.O. Cela montre l’intensité des forces en jeu,» commente-t-il.
«Menotté, la tête baissée»
Le quadragénaire peine à se remémorer les événements. Il évoque la présence de huit individus dans la nuit fatidique, dont sept étaient cagoulés. Actuellement, seuls cinq, habitant ou fréquentant une cité à Mérignac, sont jugés pour enlèvement et mutilation. Les avocats de la défense soulèvent des doutes sur les accusations, notant l'absence de preuves tangibles.
«Nous n’avons aucune image, aucun témoin des violences. Comment prouver que les absents n’ont pas participé?»
Nabil explique qu’il s’était rendu sur un parking pour un rendez-vous lié à sa consommation personnelle de stupéfiants.
«Ils m’ont fait monter dans leur voiture. Une fois à l’intérieur, ils m’ont menotté. J’étais désorienté.»
«Carottage ?»
La victime se remémore une pluie de coups qui a commencé dès son enlèvement à Castelmoron.
«J’ai pensé que tout était fini pour moi. Ils m’ont traîné sur des mètres, indifférents à ma souffrance.»La théorie d’un «carottage» - une méthode pour doubler un dealer - a été soulevée durant l'instruction, ce qui avait été documenté par le détachement agenais de la Section de recherche de Bordeaux. En dépit de cela, les enquêtes n'ont pas abouti.
Le procès se poursuivra mardi avec l’audition des accusés, et le verdict est attendu pour mercredi 27 mai.







