Les marchés financiers occidentaux ont connu une nouvelle chute ce vendredi, marqués par des incertitudes quant à une résolution rapide du conflit au Moyen-Orient. Les craintes relatives à l'impact économique de cette guerre demeurent au cœur des préoccupations des investisseurs.
"Les marchés deviennent plus nerveux. Les investisseurs doutent de la capacité de Donald Trump à mettre fin rapidement à cette guerre et à établir un accord avec l'Iran", a déclaré Kathleen Brooks, analyste chez XTB. Les tensions se sont intensifiées entre les États-Unis et l'Iran, particulièrement autour du détroit d'Ormuz, comme l'indiquent les experts d'Edmond de Rothschild AM.
Le prix du pétrole Brent, référence mondiale, a franchi la barre des 110 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) a dépassé les 100 dollars. Cette flambée des prix de l'énergie suscite des craintes d'inflation, entraînant des conséquences sur la consommation, la production et les taux d'intérêt, mettant en péril la croissance économique.
"Les investisseurs se heurtent à la réalité : le détroit d'Ormuz est de facto fermé et aucune solution durable au conflit ne semble se dessiner", observe Brooks.
La situation a dominé les discussions lors de la réunion du G7 qui s'est tenue à Paris. Yvette Cooper, ministre britannique des Affaires étrangères, a appelé à une "résolution rapide" du conflit, affirmant que "l'Iran ne devrait pas avoir le pouvoir de paralyser l'économie mondiale par le contrôle du détroit d'Ormuz".
Le détroit d'Ormuz est vital pour le transit de 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz. Le blocage de cette route stratégique a entraîné une envolée des prix énergétiques au cours des dernières semaines, les Gardiens de la Révolution ayant contraint plusieurs navires à faire demi-tour, arguant qu'elle était désormais inaccessible aux navires liés à des "ennemis".
Les marchés semblent pris dans un tourbillon d'informations contradictoires, conséquence d'un mois de guerre déstabilisante. L'Iran a récemment appelé les civils à éviter les forces américaines, déclarations qui contrastent avec l'optimisme affiché par Donald Trump, qui a assuré que les négociations progressaient "très bien".
Fawad Razaqzada, analyste chez Forex.com, note : "Trump semble perdre son influence sur les marchés. Les investisseurs ne prennent plus ses propos pour argent comptant, ils veulent des preuves tangibles avant de réagir". Andreas Lipkow de CMC Markets ajoute qu'il est difficile de déterminer si la réalité de la guerre en Iran correspond aux attentes des États-Unis et d'Israël.
Les marchés européens restent instables, tandis que la Bourse de Paris a reculé de 0,87%, celle de Francfort de 1,38%, et Londres de 0,08%. À Wall Street, le Dow Jones a terminé en baisse de 1,73% et l'indice S&P 500 de 1,67%, avec le Nasdaq, plus exposé aux valeurs technologiques, perdant 2,15%.
Avec la montée des prix de l'énergie, Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier AM, signale que "la menace d'inflation est bien réelle". Les taux d'intérêt sur la dette publique de 10 ans augmentent en réponse à ce risque inflationniste. Vendredi, le rendement des emprunts d'État allemands a atteint 3,11%, tandis que celui français était de 3,85%, augmentant par rapport à la veille.







