La Banque de France a annoncé mercredi une révision de ses prévisions de croissance économique pour 2026 et 2027, principalement en raison de l'augmentation des prix de l'énergie et du contexte géopolitique instable engendré par la guerre au Moyen-Orient.
Pour son scénario de base, la banque table désormais sur une croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) de 0,9% pour 2026, en légère baisse par rapport à la prévision précédente de 1%. Pour 2025, la croissance est maintenue à 0,9%.
Dans une interview accordée aux Echos, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a noté que l'économie française se trouve dans une situation relativement meilleure qu'attendue à la fin de 2025 et au début de 2026. Cependant, il a ajouté que, même si l'activité devrait rester robuste au premier trimestre 2026 selon les enquêtes conjoncturelles, l'escalade des prix de l'énergie et les tensions géopolitiques pourraient peser sur l'économie nationale par la suite.
La Banque envisage trois scénarios différents. Dans le scénario de base, le niveau des prix des hydrocarbures est considéré comme temporaire avec une résolution rapide du conflit. Les prévisions de croissance pour 2027 ont également été ajustées à 0,8%, contre 1% auparavant. En 2028, une légère reprise de la croissance est attendue à 1,2%, alimentée par un rebond des exportations et de la consommation intérieure.
Concernant l'inflation, l'Indice des prix à la consommation harmonisé devrait s'établir à 1,7% cette année, une révision par rapport à la prévision de 1,3% faite en décembre. La tendance inflatoire pourrait atteindre 1,4% en 2024 et 1,6% en 2028, selon les hypothèses sur le marché de l'énergie.
François Villeroy de Galhau a précisé qu'il est crucial de garder un état d’esprit pragmatique face à l'incertitude actuelle et de se préparer à divers scénarios, selon Les Echos. Il s'est montré confiant en affirmant que les banques centrales mettront tout en œuvre pour ramener l'inflation à un maximum de 2% d'ici 2027.
Les perspectives concernant l'inflation sont plus préoccupantes dans les scénarios défavorables, qui anticipent une augmentation des prix de l'énergie plus persistante. Par exemple, dans le scénario intermédiaire, une réduction significative des flux de pétrole pourrait entraîner une inflation de 2,5% cette année. La croissance serait alors davantage mise à mal, avec des prévisions revues à la baisse.
Le scénario le plus pessimiste envisage une hausse des prix du pétrole pouvant atteindre 145 dollars le baril, entraînant une inflation de 3,3% et une contraction de la croissance à 0,3%. Toutefois, le gouverneur a été clair : « Nous ne prévoyons aucune récession pour la France dans aucun des scénarios », a-t-il déclaré avec assurance.
Alors que la Banque de France ajuste ses projections, elle s'inscrit dans la continuité de l'Insee, qui a également revu légèrement à la baisse ses prévisions de croissance pour le premier semestre 2026.







