Jean-Charles Naouri, l'ancien patron du groupe Casino, se retrouve face à un verdict crucial jeudi, dans une affaire impliquant des accusations de corruption et de manipulation de cours. Ce procès ne concerne pas seulement Naouri, mais également la société Casino, trois anciens directeurs et le journaliste Nicolas Miguet.
La décision du tribunal correctionnel de Paris est attendue à 13H30, et la tension est palpable. En octobre dernier, les procureurs du parquet national financier avaient demandé une peine de quatre ans de prison, dont trois avec sursis, ainsi qu'une amende de 2 millions d'euros à l'encontre de M. Naouri. Pour la société, une sanction de 75 millions d'euros a été réclamée.
Le parquet a mis en lumière une manipulation de marché orchestrée par Casino entre septembre 2018 et juin 2019. L'accusation a également signalé une intention frauduleuse de la part des dirigeants et de Nicolas Miguet, accusé de faire état d'un "feuilleton manipulatoire" sans révéler ses affiliations financières avec Casino.
À l'époque des faits reprochés, Casino traversait des turbulences financières, et son action avait atteint un niveau historiquement bas de 25 euros. Les avocats de tous les prévenus ont plaidé pour leur relaxe.
Depuis son acquisition en 2024 par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, Casino a nié les allégations, affirmant que le groupe actuel ne peut être comparé à celui du passé. Ils ont qualifié les réquisitions d'"exagérées" et souligné les changements significatifs dans la structure financière et la gouvernance.
Concernant Nicolas Miguet, le parquet a requis des peines de quatre ans d'emprisonnement avec exécution immédiate, ainsi que des amendes de 850 000 euros pour ses activités personnelles et 1,5 million d'euros pour ses sociétés.
Enfin, des peines de deux à trois ans d'emprisonnement avec sursis, accompagnées d'amendes variant entre 300 000 et 500 000 euros, ont été demandées pour les trois anciens cadres de Casino.







