Peut-on imaginer que la médecine bénéficie des avancées de l'économie spatiale ? La méga-introduction en Bourse de SpaceX ne se limite pas au secteur des satellites ou à la défense aérospatiale. De plus en plus d'entreprises envisagent de tirer parti de l'orbite terrestre basse pour la fabrication de médicaments en microgravité. Les entrepreneurs réajustent leur stratégie, alors que l'American network CNBC souligne les opportunités qui en découlent.
En 2025, la société Redwire a lancé une filiale, SpaceMD, pour commercialiser des produits pharmaceutiques développés en orbite. Selon son PDG, John Vellinger, les avancées en bio-impression en orbite révèlent de nouvelles méthodes prometteuses pour administrer des médicaments aux patients.
"La technologie la plus aboutie est le PIL-BOX, une nouvelle technologie de formulation de médicaments", a déclaré John Vellinger, PDG de SpaceMD, à CNBC.
SpaceMD a déjà placé 54 unités PIL-BOX en orbite, permettant la cristallisation de protéines, et a testé pas moins de 37 composés médicamenteux. Les collaborations avec Eli Lilly et Bristol Myers Squibb témoignent de l'intérêt croissant de l'industrie pour ces nouvelles formulations cristallines.
La composition des médicaments perturbée par la gravité
Sur Terre, la gravité perturbe les préparations pharmaceutiques par des mécanismes comme la sédimentation et la convection. En revanche, l'absence de gravité en orbite permet de cultiver des cristaux plus uniformes et de meilleure qualité. Phil Williams, professeur de biophysique à l'université de Nottingham, explique que cette homogénéité facilite l'administration des médicaments et améliore leur efficacité.
"Avec des molécules plus homogènes, les médicaments sont mieux absorbés par les patients", a ajouté Phil Williams.
La réduction de la viscosité des médicaments pourrait transformer des traitements injectables très élaborés en solutions indolores, facilitant ainsi leur administration hors des hôpitaux.
Le Keytruda revisité sous une formule cutanée, une première autorisée aux États-Unis et dans l'UE
Merck a été précurseur dans l'exploration de la pharmacie spatiale avec des expériences menées en 2014 à bord de l'ISS. Ces recherches se sont concentrées sur son anticancéreux majeur, le Keytruda, permettant d'améliorer les méthodes de cristallisation. Les progrès réalisés pourraient mener à des applications plus pratiques pour les patients.
Redwire n'est pas seule : la start-up américaine Varda a également tenté de produire des médicaments dans l'espace, notamment un traitement contre le Sida. En 2023, elle a lancé une mission de production autonome de ritonavir, en utilisant des satellites adaptés.
Une feuille de route dévoilée au Royaume-Uni
De l'autre côté de l'Atlantique, le Royaume-Uni reconnaît également le potentiel des médicaments spatiaux. Son gouvernement a élaboré un plan de 2 milliards de livres sterling pour encourager ces innovations dans le secteur de la santé.
"Ces progrès pourraient transformer les choix thérapeutiques et optimiser les résultats pour les patients", a déclaré un porte-parole du gouvernement britannique.
L'Agence spatiale britannique soutient aussi des projets tels que ceux de BioOrbit, visant à rendre possibles les traitements anticancéreux élaborés dans l'espace.







