Les Accompagnants d'Élèves en Situation de Handicap (AESH) se mobilisent ce mardi à travers la France, avec une forte participation prévue en Alsace. Ils exigent un statut de fonctionnaire, de meilleures rémunérations et une reconnaissance accrue de leur activité professionnelle.
Le rassemblement se tiendra devant le rectorat de Strasbourg à partir de 8H, à l'initiative d'une intersyndicale qui espère attirer l'attention sur la précarité de leur emploi. Les dernières négociations, qui ont eu lieu fin mai, n'ont pas abouti, intensifiant le mécontentement des AESH.
Des salaires insuffisants
Les conditions de travail des AESH sont loin d'être satisfaisantes. Prenons l'exemple d'Heïdi, une professionnelle qui accompagne sept élèves avec des handicaps variés dans un collège alsacien. Elle témoigne : « Je touche 966 euros par mois, je suis donc contrainte de travailler à côté, car vivre avec un tel salaire n'est pas viable. Parfois, je me demande si je ne devrais pas changer de métier, car c'est très exigeant. » Ce constat met en lumière la difficulté financière à laquelle sont confrontés de nombreux AESH, qui jonglent entre plusieurs emplois pour joindre les deux bouts.
Myriam Ovroutsky, représentante des AESH en Alsace au sein du SNALC (Syndicat National des Lycées et Collèges), souligne également l'absence de garde-fou pour ces professionnels. Elle explique : « Actuellement, nous sommes considérés comme simples contractuels, ce qui compromet la pérennité de nos emplois. Bien que nous ayons des CDI, cela ne garantit pas les mêmes droits que les fonctionnaires. »
Ces revendications sont en cohérence avec les difficultés rencontrées par de nombreux AESH en France, un sujet qui ne cesse d'émerger dans les médias. Une récente enquête de Franceinfo a révélé que plus de 71 % des AESH se sentent mal payés et souhaitent un statut plus stable, ce qui a conduit à une série de manifestations dans tout le pays.
À la lumière de ces perspectives, le mouvement d'aujourd'hui représente un moment décisif pour les AESH, qui espèrent que leurs voix seront entendues et que des actions concrètes seront prises pour améliorer leur situation professionnelle.







