Négociations cruciales à Samsung : l'éventualité d'une grève massive fait trembler la Corée du Sud

Des discussions explosives sous tension, Samsung à l'aube d'un conflit historique.
Négociations cruciales à Samsung : l'éventualité d'une grève massive fait trembler la Corée du Sud
©-, AFP - Choi Seung-ho (au centre), président du syndicat de Samsung Electronics, s'adresse aux journalistes à Sejong, en Corée du sud, le 20 mai 2026

Mercredi, des pourparlers décisifs se déroulent entre Samsung Electronics et ses syndicats pour prévenir une grève de grande ampleur, prévue à partir de jeudi, qui exige une juste répartition des bénéfices liés à l'intelligence artificielle.

Les syndicats avaient annoncé un mouvement social initial du 21 mai au 7 juin, mobilisant potentiellement 50 500 des 125 000 salariés de l’entreprise après des négociations infructueuses avec la direction.

Cependant, les discussions ont été relancées en fin de journée, avec l'intervention personnelle du ministre du Travail sud-coréen, comme l’a rapporté le ministère, soulignant les enjeux critiques de ce conflit.

Ce conflit intervient à un moment où Samsung, favorisé par la croissance de l'IA, a vu son bénéfice net multiplier par six en un an, atteignant 27 milliards d'euros au premier trimestre 2026, selon des données de l'agence Reuters.

Les syndicats demandent une hausse salariale de 7 %, la fin des plafonnements des primes, et la réaffectation de 15 % des bénéfices d’exploitation aux primes. Ils mettent en lumière les disparités salariales entre les employés de la division des puces, bénéficiaires de gratifications généreuses, et ceux des autres secteurs de l'entreprise.

L'organisation Samsung Electronics Labor Union (SELU) avait exprimé son acceptation d'un compromis proposé par une instance de médiation, mais la direction a rapidement refusé, ouvrant ainsi la voie à la grève imminente. "Une grève n'est en aucun cas acceptable", a rétorqué la direction, se montrant ouverte à un dialogue jusqu'au dernier moment.

Malgré la résistance de la direction, celle-ci rappelle que céder aux revendications syndicales jugées excessives risquerait de compromettre les principes fondamentaux de son modèle de gestion axé sur la performance.

Historiquement opposé à la syndicalisation, le fondateur de Samsung, Lee Byung-chul, avait même juré qu'il n'autoriserait jamais la création de syndicats durant sa vie. Le premier syndicat de l’entreprise a été fondé à la fin des années 2010.

- Répercussions économiques -

Le gouvernement sud-coréen a exprimé ses "profonds regrets" face à l'échec des négociations, appelant les deux parties à œuvrer pour un consensus, compte tenu des répercussions potentielles sur l'économie nationale.

Les géants des puces, comme Samsung et SK hynix, propulsent les acteurs économiques sud-coréens et influencent la Bourse de Séoul. La capitalisation boursière de Samsung a franchi la barre des 1 000 milliards de dollars pour la première fois début mai, avec une action ayant grimpé de 400 % en un an.

Si la grève se concrétise, elle pourrait dépasser le précédent mouvement social de 2024, qui avait mobilisé seulement 6 000 employés. L’impact économique serait considérable, Samsung générant 12,5 % du PIB de la Corée du Sud. De plus, les puces-mémoires représentent 35 % des exportations nationales.

D’après l'agence Yonhap, la Banque de Corée prédit qu'une grève à grande échelle pourrait ralentir la croissance économique de 0,5 point de pourcentage en 2026.

Le Premier ministre Kim Min-Seok a averti que si le mouvement menaçait l’économie, le gouvernement pourrait intervenir, y compris par le biais d'un arbitrage d’urgence pour suspendre la grève pendant 30 jours.

-La tech aux aguets-

Une grève pourrait également nuire à l'industrie technologique, Samsung étant le plus grand fournisseur mondial de puces essentielles pour les centres de données, smartphones et véhicules électriques. Les experts de la Chambre de commerce américaine en Corée ont soulevé des préoccupations quant à une possible aggravation des goulets d'étranglement sur le marché mondial des puces-mémoires, en exacerbant la volatilité des prix et l’incertitude de l’approvisionnement.

Du côté des employés, le syndicat NSEU indique que des arrêts de production pour maintenance ou inspection ont déjà eu lieu, ce qui pourrait relativer les enjeux d'une grève prolongée. Un tribunal sud-coréen a également ordonné que les opérations des usines de puces se maintiennent à des niveaux "normaux", interdisant les occupations des installations cruciales, sous peine de sanctions.

Malgré cela, selon l’analyste Tom Hsu de TrendForce, "grâce à un volume élevé d’automatisation, la production de puces-mémoires devrait rester à pleine capacité, même si d'autres activités pourraient être affectées."

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