L'État se prépare à examiner la demande de déclaration d'utilité publique (DUP) pour la construction d'une ligne aérienne à très haute tension qui reliera le Gard aux Bouches-du-Rhône. Ce projet, tant attendu que controversé, devrait recevoir un feu vert officiel d'ici le troisième trimestre 2026.
Dans un communiqué publié ce mercredi, le ministère de l'Énergie a précisé que l'électrification de Fos-sur-Mer est jugée "indispensable pour l'avenir industriel" de la région. Malgré les tensions géopolitiques exacerbées par la crise au Moyen-Orient, qui font grimper les prix de l'énergie, le gouvernement insiste sur la nécessité d'accélérer la transition énergétique, afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles importées.
"L'État s'apprête à traiter le dossier de demande de déclaration d'utilité publique qu'a soumis RTE le 3 avril dernier," a précisé le ministère. Ce processus sera crucial pour définir les implications environnementales et territoriales de cette ligne.
La déception des opposants
Cette annonce n’a pas été accueillie avec enthousiasme par les associations de défense de l’environnement. Jean-Laurent Lucchesi, porte-parole du collectif Stop THT 13/30, a exprimé sa déception auprès de l'AFP : "Nous sommes très déçus, mais nous nous y attendions. RTE n'a pas modifié son projet d'un millimètre depuis le début de la concertation en 2023." Les opposants recommandent un projet alternatif d'enfouissement complet ou partiel, une solution jugée coûteuse et longue.
Face à la résistance de plusieurs ONG et d'élus locaux, le ministère a assuré que cette phase d'examen aborde sérieusement les impacts environnementaux et paysagers, surtout notamment en ce qui concerne les zones sensibles comme la réserve naturelle du parc de Camargue.
Une infrastructure essentielle pour ses promoteurs
Les partisans du projet présentent la ligne THT comme une infrastructure cruciale pour garantir l'approvisionnement électrique de la région, tout en contribuant à la décarbonation et à la réindustrialisation de Fos-Berre, reconnue comme l'une des zones les plus polluantes de France.
Les estimations d'investissement pour la Zone d'Activités Portuaire s'élèvent entre 16,9 et 19,9 milliards d'euros, avec une répartition de 72 % de fonds privés et 28 % publics d'ici 2030. Ce projet pourrait également générer entre 10.000 et 12.000 emplois directs, une perspective vivement attendue par de nombreux acteurs économiques.







