Le Premier ministre britannique Keir Starmer, sous forte pression après des résultats électoraux locaux décevants pour le Labour, a récemment fait part de son projet de nationaliser le sidérurgiste British Steel, actuellement détenu par le groupe chinois Jingye. Cette annonce intervient alors que le gouvernement avait déjà exercé un contrôle sur l'entreprise il y a un an.
"Nous avons tenté d'engager des négociations avec le propriétaire actuel, mais aucune vente n'a pu se concrétiser," a déclaré M. Starmer lors d'un discours à Londres. Il a également précisé qu'un projet de loi serait soumis cette semaine pour donner au gouvernement le pouvoir de prendre le contrôle total de British Steel.
La situation est préoccupante, Jingye ayant récemment exprimé son intention de fermer les deux hauts fourneaux de Scunthorpe, derniers à fonctionner au charbon, en raison d'une rentabilité insuffisante, menaçant ainsi environ 2.700 emplois. Les négociations infructueuses entre le gouvernement britannique et l'entreprise avaient déjà conduit à l'adoption d'une législation d'urgence, forçant British Steel à continuer ses activités sous peine de sanctions, un événement ayant engendré des tensions diplomatiques avec la Chine.
Selon un communiqué, "British Steel pourrait être remis dans le giron de l'État pour la première fois depuis sa privatisation en 1988", bien que cette nationalisation soit soumise à des considérations d'intérêt public. L'objectif affiché est de renforcer la sécurité nationale tout en offrant une stabilité tant aux travailleurs de Scunthorpe qu'aux fournisseurs et clients de l'entreprise, comme l'a souligné le ministère des Entreprises et du Commerce.
En mars dernier, Londres a initié une "Stratégie pour l'acier" comprenant des droits de douane de 50% et une réduction des quotas d'importation, soulignant l'importance de protéger son industrie sidérurgique, jugée essentielle pour ses infrastructures et sa défense. Les objectifs de l'exécutif visent à porter à 50% la part britannique dans l'acier utilisé au Royaume-Uni, contre 30% actuellement.
Ce plan est associé à un soutien financier au secteur, avec un investissement éventuel de 2,5 milliards de livres d'ici 2029. De plus, 500 millions de livres ont déjà été alloués pour soutenir la construction d'un nouveau four électrique sur le site de Tata Steel à Port Talbot, au Pays de Galles.
Malgré une production d'acier modeste, prévue à 4 millions de tonnes en 2024, presque 40.000 emplois dépendent de ce secteur au Royaume-Uni. Les implications de la nationalisation de British Steel pourraient donc être significatives tant sur le plan économique que social.







