Depuis le début de la guerre en Iran et le blocage stratégique du Détroit d’Ormuz, les professionnels de l’automobile constatent un intérêt grandissant pour les solutions de motorisation plus économiques, notamment l’électrique et le superéthanol.
Julie Besnard, directrice générale du garage Peugeot à Prades-le-Lez, proximité de Montpellier, témoigne : "On remarque même que des clients d’un certain âge, auparavant plutôt réticents aux voitures électriques, commencent à en demander". Depuis le début des récents conflits, la demande pour les véhicules électriques a nettement augmenté. Les automobilistes, qui s’étaient auparavant tournés vers les modèles hybrides en raison des coûts des voitures électriques, semblent désormais reconsidérer leur choix.
Elle ajoute : "Heureusement que nous pouvons répondre à cette demande, car avec les nouvelles concernant les hausses des carburants, les demandes pour l’électrique ont crû de manière significative". Actuellement, la majorité des clients se dirigent vers des options entièrement électriques. "Les prix des véhicules électriques ont réellement baissé, grâce aux efforts des fabricants pour rendre ces options plus accessibles".
"Pas soumis aux aléas de la géopolitique"
Le marché réagit également positivement au superéthanol E85, qui est un mélange de bioéthanol et d’essence. "La demande de dispositifs pour convertir les voitures au E85 a été multipliée par cinq", remarque Alexis Landrieu, fondateur de Biomotors, une entreprise héraultaise spécialisée dans ce type de conversion.
Les automobilistes réalisent rapidement l’intérêt d’adopter un carburant local, moins onéreux. "Il est produit en France, il n’est pas soumis aux fluctuations géopolitiques et à 75 centimes le litre, il constitue une véritable alternative", précise Landrieu.
"Une station sur deux" propose du superéthanol
Landrieu calcule que "sur un plein de 50 litres, l’économie peut atteindre 60 euros par rapport aux carburants classiques". En France, environ 450 000 véhicules sont déjà équipés de ces dispositifs, laissant un large potentiel de progression, car il reste environ 11 millions de voitures susceptibles d'être transformées.
Le marché de l'E85 continue de croître. "Avec des coûts d’installation variant entre 690 et 890 euros, l’amortissement s’effectue en à peine 6,5 mois, et nous avons vu un nombre croissant de stations offrant du superéthanol—une sur deux en Occitanie", conclut-il. Pendant la précédente crise énergétique, 6 000 dispositifs étaient installés chaque mois, et ce chiffre continue de grimper.
Selon la Plateforme automobile (PFA), les immatriculations de véhicules neufs ont augmenté de 12,86 % en mars 2026, atteignant 173 633 unités. La part du marché des véhicules électriques a également atteint un nouveau sommet, représentant 28 % des ventes, ce qui témoigne d’un changement significatif dans les comportements des consommateurs face à la crise actuelle.







