Vous avez sans doute remarqué dans votre jardinerie préférée l'apparition du biochar, ce "charbon végétal" présenté comme un amendement miracle. Mais qu'est-ce que le biochar réellement ? Est-il bénéfique pour améliorer la fertilité de votre sol ?
Qu'est-ce que le biochar ?
Le biochar, contraction de "bio" et "char", est un terme inventé pour désigner un charbon végétal d'origine organique. Produit par pyrolyse, il diffère radicalement du charbon de bois traditionnel, souvent utilisé pour les barbecues, qui génère du dioxyde de carbone. En revanche, le biochar est créé à partir de la décomposition de matières organiques, comme des résidus forestiers, à des températures élevées (supérieures à 350°C) en absence d'oxygène.
Historiquement, son utilisation est associée aux « terra preta », ces sols riches et fertiles d'Amazonie influencés par les pratiques agricoles des civilisations précolombiennes. Ce charbon, très poreux, a la capacité de retenir l'eau et les nutriments, agissant ainsi comme un véritable puits de carbone, contribuant à ralentir le changement climatique.
Les promesses du biochar : bénéfices ou illusions ?
La pyrolyse permet au biochar d'être principalement constitué de carbone, ce qui lui confère une longévité dans le sol. Bien qu'il libère une petite quantité de cendres contenant des nutriments, ces derniers ne bénéficieront aux plantes que si le biochar est préalablement inoculé. Cette pratique est recommandée par de nombreux experts. Par exemple, une étude parue dans Les 4 Saisons - Le sol vivant souligne que son efficacité est particulièrement marquée sur les cultures en pot soumises à un stress hydrique, mais moins sur des cultures dans des conditions normales.
Il est impératif de considérer l'état de votre sol avant d'utiliser le biochar. Il peut être bénéfique pour un sol acide avec un pH élevé, mais son effet sera variable selon la composition de votre terrain. De plus, il est essentiel de se renseigner sur la méthode de fabrication du biochar, car une combustion inappropriée peut émettre des gaz nocifs, contrecarrant ainsi ses avantages initiaux. Comme le souligne Charles Hervé-Gruyer, une méthode de fabrication responsable est cruciale pour garantir que le processus ne génère pas de polluants.







