Les relations des seniors avec l’argent sont complexes. Alors que certains profitent d’une retraite confortable, d’autres se débattent dans la précarité. Les générations futures, de leur côté, peuvent être anxieuses à l’idée de voir l’héritage se dilapider. Pour certains seniors, l'accumulation de biens semble être une manière de conserver des possessions pour le futur. D'autres, en perte d'autonomie, sont souvent manipulés par des démarcheurs peu scrupuleux, exploitant leur vulnérabilité. Ainsi, chaque senior développe une relation unique avec la finance.
Il est crucial de distinguer les achats occasionnels des comportements compulsifs. La compulsivité peut signaler un malaise interne, où l’achat devient un mécanisme de défense contre des émotions négatives. Ce phénomène, connu sous le terme « oniomanie », renvoie à une addiction qui mérite d’être explorée, en particulier chez les personnes âgées.
Définition et manifestations de l’oniomanie
Bien que l’oniomanie puisse avoir des répercussions désastreuses sur la santé mentale et financière, elle n’est pas encore reconnue comme un trouble à part entière. Contrairement à d’autres addictions bien documentées, ses critères incluent :
- Une préoccupation excessive pour les dépenses.
- Des sentiments de culpabilité ou de tristesse après des achats.
- Des comportements d’achat présents même en période normale.
- Un automatisme des achats, sans réelle nécessité.
Les études soulignent la gravité de ce trouble, son installation favorisant son intensification et ses effets néfastes sur la santé des individus touchés.
Origines et facteurs contributifs de l’oniomanie
Les causes de l’oniomanie sont variées. Les antécédents personnels, comme des traumatismes liés à des privations durant l’enfance, peuvent engendrer ce comportement. Les achats deviennent alors un substitut à des émotions non résolues, une tentative de rehausser une estime de soi altérée. On peut aussi observer un lien avec des troubles anxieux, où l’achat compense un mal-être.
D'autres éléments, dont une susceptibilité génétique à des comportements addictifs, sont également à considérer. La modernité et l’essor des paiements en ligne ont amplifié ce phénomène dans les sociétés de consommation, notamment aux États-Unis. En effet, la facilité d'achat en ligne facilite l'oniomanie, surtout chez des populations de plus en plus connectées.
Oniomanie et personnes âgées : un constat alarmant
Bien que l’oniomanie touche davantage les jeunes, son existence chez les seniors ne doit pas être négligée. Plusieurs profils se dessinent, allant de ceux qui viennent d’une histoire de privation à ceux, plus matérialistes, qui ont été façonnés par les Trente Glorieuses. L’ère digitale, qui facilite les achats impulsifs, joue un rôle important dans ce comportement.
La retraite, accompagnée de solitudes ou de pertes, peut également favoriser cette pathologie. Les comportements compulsifs, en réponse à des états dépressifs ou anxieux, aggravent un cycle déjà difficile à rompre. En effet, beaucoup de seniors peuvent se tourner vers les achats pour compenser leur mal-être.
Intervenir est crucial lorsqu'un proche manifeste des signes d’oniomanie. Encourager une consultation auprès d’un professionnel de la santé mentale est essentiel, étant donné les comorbidités fréquentes. Des groupes de soutien, semblables à ceux utilisés pour d'autres addictions, peuvent également être précieux. La clé réside dans l’accompagnement bienveillant, évitant toute forme de stigmatisation et exprimant compréhension plutôt que jugement.







