Appartenant à la famille des Rosacées, la benoîte, aussi connue sous les noms d'herbe bénite ou galiote, est une plante vivace rhizomateuse qui pousse dans les montagnes. Son utilité médicinale remonte au XVIIe siècle et, durant le Moyen-Âge, elle était déjà considérée comme ayant des propriétés magiques, étant parfois intégrée dans des rituels d'exorcisme.
Une plante aux caractéristiques singulières
Geum urbanum prospère dans les forêts fraîches, les haies humides et le long des cours d’eau. Ses feuilles, légèrement velues et persistantes, présentent une découpe complexe avec des folioles alternées. Ressemblant aux fleurs du fraisier par leur forme en coupe à 5 pétales, celles de la benoîte se distinguent par leur couleur jaune, s’épanouissant de mai à septembre sur des tiges dressées mesurant entre 40 et 60 cm. Les fruits, une fois mûrs, forment des aigrettes crochues qui se fixent facilement aux vêtements et à la fourrure des animaux. Le rhizome, quant à lui, offre un parfum similaire à celui du clou de girofle lorsqu'il est froissé ou réduit en poudre.
La culture de la benoîte nécessite un sol humifère, frais et bien drainé, et elle s’épanouit à mi-ombre ou ensoleillée. Les plantations se réalisent au printemps, avec une densité de 6 à 9 pieds par mètre carré et une division tous les trois ans après la floraison. Un tuteurage peut être instauré pour protéger ses fleurs des rafales de vent.
Les vertus médicinales reconnues
Réputée pour ses propriétés astringentes qui resserrent les muqueuses, la benoîte est utilisée pour traiter les diarrhées légères et les douleurs gastriques. Elle aide également à soulager les hémorragies, les insuffisances veineuses, les hémorroïdes et les sensations de jambes lourdes.
En raison de la présence de tanins, d'hétérosides phénoliques et d'eugénol, son rhizome est efficace pour traiter les aphtes et raffermir les gencives, soulageant ainsi les douleurs dentaires. La benoîte est aussi efficace contre les engelures.
On peut récolter la benoîte dans la nature ou l’acheter en pharmacie, où elle est disponible sous différentes formes :
- en infusion : 1 cuillère à café de benoîte pour 150 ml d’eau à infuser 10 minutes, trois tasses maximum par jour, pour lutter contre la diarrhée,
- en décoction : 30 g de benoîte dans un litre d’eau à faire bouillir pendant 3 minutes, puis à infuser 10 minutes, utilisation en bains de bouche et gargarismes,
- en extraits ou teinture-mère, selon les conseils de votre pharmacien.
Une touche de benoîte en cuisine
Les petites racines de la benoîte sont utilisées comme un condiment savoureux, comparable au clou de girofle. Elles rehaussent le goût des sauces pour viandes et poissons, des légumes et peuvent même aromatiser des boissons comme la bière ou le vin. Macérées dans du vin rouge avec un zeste d’orange, elles donnent naissance à un apéritif délicieux.
Dans le jardin, il existe environ 35 espèces de benoîte, certaines ayant également des propriétés médicinales dans d'autres pays. Parmi celles-ci, la benoîte orangée ou écarlate (Geum chiloense), aux fleurs rouge brique, et la benoîte des montagnes (Geum montanum), avec ses fleurs jaune d’or, sont couramment rencontrées dans des régions spécifiques. En revanche, la benoîte du Japon (Geum japonicum) ne pousse pas en France, alors que d’autres variétés se retrouvent à l’état sauvage dans l’Hexagone.
Il est essentiel de consulter un professionnel de santé avant d'utiliser des plantes à des fins thérapeutiques, particulièrement pour les femmes enceintes, les personnes souffrant de maladies chroniques ou prenant des médicaments, afin d’éviter des interactions indésirables.







