Le Croque-notes de François Simon. Cette semaine : La Laiterie, à Lambersart
La gastronomie mérite parfois de sortir des conventions rigides héritées du XIXe siècle. Ce constat fait écho à l'œuvre de Joseph Losey, The Servant, où les rôles semblent inversés dans une dynamique saisissante. Dans la réalité, une interaction authentique peut s’opérer sans sacrifier l’élégance ni les bonnes manières. Il est possible d’instaurer une complicité avec autrui sans avoir besoin d’en faire trop.
Une ambiance vivante et inhabituelle
Dès l’entrée dans le restaurant La Laiterie, situé près de Lille à Lambersart, l’atmosphère conviviale vous envahit. Benoît Bernard, le propriétaire, fait preuve d’énergie débordante. Son accueil tonitruant surprend d’abord, mais finit par séduire. Bien que son style puisse dérouter les convives, il parvient à briser la glace avec son humour et son charisme.
Une expérience culinaire directe et savoureuse
La cuisine de La Laiterie ne fait pas dans la retenue. Un exemple frappant : au moment de choisir un vin, Benoît intervient pour recommander un minervois de Jean Baptiste Senat, bien plus à propos que le cornas initialement sélectionné. Les plats sont également préparés avec une rare expressivité, mêlant tradition et audace. Parmi les spécialités, le turbot rôti ou la tourte de maroilles s’imposent comme des incontournables, mettant en avant des associations de saveurs authentiques.
Un rapport qualité-prix étonnant
Pour couronner le tout, l'addition reste raisonnable ; moins de 200 euros pour deux personnes, sans renoncer au plaisir. Benoît Bernard, avec sa bonne humeur, fait de La Laiterie un lieu où l’on se sent bien reçu et où chaque plat devient une célébration de la gastronomie. C’est un restaurant qui sait s’exprimer avec passion et générosité, offrant une expérience mémorable.







