Ce samedi 6 juin, les salariés des magasins Decathlon se mobilisent à Toulouse, dénonçant une chute du pouvoir d'achat et des conditions de travail se dégradant, tandis que l'entreprise affiche des bénéfices records. Ils sont environ une dizaine à s'être rassemblés devant le magasin Decathlon de Portet-sur-Garonne.
Les grévistes expriment d'abord leur souhait d'augmentations salariales, mais aussi leur préoccupation face aux conditions de travail qui se détériorent malgré la bonne santé financière de l'entreprise, qui a enregistré 910 millions d'euros de bénéfices en 2025, soit une hausse de 16% par rapport à l'année précédente.
Une indifférence de ceux qui sont en haut
"Nous, on ne le ressent pas dessous", confie Pierre, représentant du personnel et membre de la CFTC. "Il y a un ras-le-bol global. Une indifférence de ceux qui sont en haut. Ce mouvement découle de la non-répercussion des hausses du SMIC. Bien que le salaire minimum ait été augmenté, cette hausse n'est appliquée que pour les niveaux minimaux, laissant de côté les employés qui auraient dû recevoir leur première augmentation bien méritée cette année. On ne réclame pas des salaires exorbitants, mais un peu de reconnaissance pour le travail accompli."
Certaines problématiques se divisent aussi autour des conditions de travail, notamment avec la réduction des effectifs et l'augmentation de la charge de travail. "On nous demande d'accroître la productivité chaque année pour garantir un magasin toujours plus rentable. En quête de bénéfices, l'entreprise réduit les coûts salariaux tout en exigeant davantage des salariés", ajoute Pierre.
Une pétition en ligne
Pour sensibiliser la clientèle, les grévistes distribuent des tracts à l'entrée du magasin, les dirigeant vers une pétition en ligne qui a déjà récolté plus de 5 500 signatures. "Je pense la signer", témoigne un client, passionné de running, venu acheter des équipements pour sa fille. "Ici, les vendeurs sont compétents et nous fidélisent à cette chaîne. Si la diminution des effectifs impacte l'expertise, nous, clients, serons aussi affectés."
Ce mouvement, qui s'inscrit dans un climat général de mécontentement chez les travailleurs, met en lumière des questions cruciales autour des droits des employés et de la répartition des richesses générées par les entreprises.







