Dans une opération dépendant du Parquet de Nîmes, neuf individus ont été placés sous examen après qu'un montant spectaculaire de plus d'un million d'euros en espèce a été retrouvé caché dans un bar-tabac central de Nîmes, révélant un trafic de stupéfiants orchestré depuis une cellule carcérale.
Cette descente, effectuée lundi dans un établissement bien connu des Nîmois, a permis aux enquêteurs de mettre la main sur 1.083.720 euros et 4,8 kg de cannabis, comme l’a précisé Cécile Gensac, procureure de la République. Les billets étaient soigneusement dissimulés dans des caisses, des paquets de cigarettes et même des sacs de courses.
"Nous avions des soupçons quant à la présence de liquidités, mais jamais à ce niveau", a ajouté Emmanuel Casso, le chef de la gendarmerie du Gard, lors d'une récente conférence de presse.
L'enquête a été amorcée en novembre 2025 lorsque les gendarmes ont intercepté des discussions faisant allusion à un réseau de trafic de cocaïne et de cannabis émanant d'une cellule d'une prison du sud de la France. Ce réseau semblerait actif à Nîmes depuis au moins 2023, profitant de livraisons à domicile pour opérer.
Les livraisons passaient souvent par ce bar-tabac, ce qui a permis d'établir un lien entre les gérants et le trafic, ainsi qu’avec le détenu suspecté d’être à la manœuvre depuis sa cellule. Selon des sources proches de l’enquête, ce détenu aurait dirigé l’ensemble des activités depuis la maison d'arrêt de Grasse, dans les Alpes-Maritimes.
Lors de cette opération, les forces de l'ordre ont également trouvé du matériel de conditionnement pour les stupéfiants, de la cocaïne et 1.500 euros en liquide. À l'issue des gardes à vue, six individus ont été inculpés avec un mandat de dépôt. Parmi eux se trouve le présumé cerveau de l'opération, déjà condamné à quatre ans de prison pour des affaires liées aux drogues, ainsi que le gérant du bar-tabac et son épouse. Trois autres personnes ont été placées sous contrôle judiciaire.
La procureure a tenu à souligner que les modalités précises d'organisation du trafic depuis l'établissement pénitentiaire demeuraient floues pour le moment. Le couple gérant le bar-tabac conteste les accusations de blanchiment d'argent et de lien avec le trafic, soutenant que les sommes retrouvées étaient le fruit d’économies sur plusieurs années. L'enquête devra établir si l'argent suspect est effectivement issu du trafic de drogue ou de sources illicites variées.
En conséquence de ces événements, le bar-tabac a été mis en examen en tant que personne morale et a été fermé, marquant une étape importante dans la lutte contre le trafic de stupéfiants dans la région.







