Le 12 mai s’est tenue une audience au tribunal administratif de Bordeaux pour examiner l'avenir de la corrida à La Brède, en Gironde, contestée par deux associations anti-corrida. L'absence d'édition en 2025 est au cœur des discussions, et le principe de "tradition locale ininterrompue" est au centre des débats juridiques, toujours très controversés entre passionnés et détracteurs.
Disputée depuis des décennies, la corrida a subi des obstacles majeurs, notamment un vide émotionnel et télévisuel. Le maire de La Brède, Michel Dufranc, a malgré tout défendu la légitimité de cet événement ancré dans la culture locale. "Pour l’annuler, il faudrait prouver que la culture est tombée en désuétude, ce qui est complètement faux", a-t-il déclaré. Ce dernier souligne que, bien que la tradition soit mise à l'épreuve, elle a toujours une place dans le cœur des habitants.

Les associations anti-corrida, de leur côté, évoquent la nécessité d’une évaluation stricte de la légitimité de la corrida brédoise. L'avocat de l'Alliance Anticorrida, Me Belaïche, a souligné qu'il y a eu une volonté politique de suspendre cette tradition, arguant que le spectacle serait moins fréquenté.
Ils rappellent également le précédent de Pérols où une corrida a été annulée, renforçant leur position selon laquelle la jurisprudence évolue rapidement. Pourtant, des critiques émergent sur cette comparaison, puisque la corrida de Bouillargues a été validée par la même cour. Ce paradoxe alimente encore la tension entre les partisans de la tradition et les défenseurs des droits des animaux.
En Gironde, la situation de La Brède, seule ville avec Captieux à accueillir des corridas, met en lumière des problématiques culturelles plus larges. La définition des territoires "taurins" reste complexe et soulève des questionnements. Les arènes démontables et des considérations démographiques ont été au cœur des récents débats, ignorant parfois le sens collectif que ce type de spectacles peut revêtir.
Enfin, Michel Dufranc a réagi aux critiques sur la faiblesse des arènes en Gironde. "Réduire cela à deux arènes ne rend pas justice à l’héritage culturel de notre région," a-t-il déclaré. La décision du tribunal reste ainsi en suspens, avec la tradition au cœur d'un affrontement judiciaire qui semble loin d’être résolu.







