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Nila, par exemple, a souffert d’une grave crise à 10 ans, ce qui l'a conduite aux urgences. À l’hôpital, elle a fait la connaissance d’Emma, la puéricultrice de l’école du souffle, qui lui a expliqué sa maladie à travers des dessins et des schémas. "C’est là que j’ai commencé à comprendre ce que je vivais," confie Nila.
Emma, un pilier
Quatre ans plus tard, Nila témoigne des progrès incroyables qu'elle a réalisés. Avoir Emma à ses côtés a été crucial. "Dès que j’hésite sur mon traitement, je l’appelle, et elle trouve rapidement une solution. J’apprends à identifier les facteurs déclenchants de mes crises, comme le brouillard ou l'humidité, et peut-être même des allergies aux pollens et aux acariens," précise-t-elle.
Les parents comme la mère de Nila se réjouissent du soutien apporté. "On ne se sent plus seuls face à cette maladie, et Emma est toujours disponible. Nila peut lui parler plus librement que n'importe quel médecin," ajoute-t-elle.
500 enfants suivis toute l’année
Au second étage du CHU de Bordeaux, une salle de classe attend ces 'élèves' chaque mois, où ils sont pris en charge par une équipe pluridisciplinaire incluant médecins, enseignants spécialisés et psychologues. L’objectif est de les aider à reconnaître et anticiper leurs symptômes.
Le docteur Vincent Boisserie-Lacroix, pneumopédiatre, explique que cet espace éducatif où ils peuvent s’exprimer diffère grandement des consultations médicales classiques. Les enfants y apprennent à gérer leur santé tout en se soutenant mutuellement.
Les périodes de crise, comme le printemps avec ses allergies aux pollens, nécessitent des adaptations au sein de l'école, notamment par la mise en place de projets d’accueil individualisés (PAI), permettant aux enseignants de mieux gérer leurs traitements en milieu scolaire.
La kinésithérapeute Audrey Jullion incarne également un aspect clé de l’éducation : enseigner aux enfants l'importance de techniques de respiration et de prévention. "Le lavage nasal quotidien est crucial pour filtrer les allergènes et autres polluants," souligne-t-elle.
La prise de conscience que l’asthme est une affection chronique fait partie du processus éducatif. Le docteur Boisserie-Lacroix conclut en mentionnant les chances d'amélioration grâce à des traitements et des désensibilisations.
Des écoles similaires existent dans d'autres régions, notamment à Angoulême, La Rochelle, Saintes, etPau. Plus d'informations peuvent être trouvées sur le site asthme-allergies.org.







