Alors que le gouvernement a récemment lancé une campagne visant à sensibiliser sur les dangers du protoxyde d'azote, la police nationale des Pyrénées-Atlantiques a organisé, le 15 avril 2026, une opération d'information et de contrôle à Anglet.
Intitulée "Proto : on passe vite du rire aux drames", cette campagne a pour but de mettre en garde les jeunes sur les risques associés à l'usage récréatif de ce gaz, dont les effets peuvent se révéler néfastes sur le plan neurologique. En effet, si le protoxyde d'azote est couramment utilisé dans des contextes culinaires ou médicaux, son détournement à des fins festives pose de réels dangers.
Au début, c'est rigolo
Sur une route animée en direction de la plage, le brigadier-chef de police Julien interpelle Matthieu, un étudiant de 23 ans. "Connaissez-vous le protoxyde d'azote ?" demande-t-il. Matthieu affirme que oui, bien qu'il n'ait jamais consommé ce gaz. Le policier précise : "On n'est pas là pour vous juger, mais pour discuter".
Lors de cette opération, aucune bonbonne n'a été saisie, et les policiers ne disposent pas de tests de dépistage pour le protoxyde d'azote, à l'inverse du cannabis. Les jeunes rencontrés, cependant, affirment que ce gaz est omniprésent parmi leurs pairs, malgré l'interdiction de sa vente aux mineurs. "On en voit de plus en plus en soirée, avec des consommateurs toujours plus jeunes. Au début, c'est amusant, mais la situation devient sérieuse", témoigne Ellori, 18 ans.
Ludique mais ravageur
Les forces de l'ordre font état d'une augmentation notable de la consommation de protoxyde d'azote : un véhicule a récemment été contrôlé avec une dizaine de bonbonnes à son bord. "La consommation se fait souvent par ballon, ce qui donne une image ludique. Pourtant, il y a des conséquences désastreuses", observe un policier. Bien que ce gaz ne soit pas classé comme un stupéfiant, Régine Daguerre, médecin addictologue présente lors de l'opération, souligne les dangers du protoxyde d'azote, qui peut entraîner une dépendance et des troubles neurologiques. "Les jeunes de 22 ans sont déjà confrontés à des difficultés de mobilité, c'est alarmant", prévient-elle.
Pour Régine Daguerre, il est crucial d'incorporer des témoignages d'anciens consommateurs dans les programmes de prévention destinés aux jeunes. Parallèlement, des mesures répressives plus strictes pourraient être mises en place suite à la proposition de loi du ministre de l'Intérieur, visant à durcir les sanctions pour consommation. Dans les Pyrénées-Atlantiques, la détention et le transport de protoxyde d'azote sont d'ores et déjà prohibés dans les lieux publics depuis un arrêté préfectoral du printemps dernier. En outre, la police municipale de Bayonne a collecté plus de 260 bonbonnes dans les rues et communautés gérées par le bailleur social Habitat Sud Atlantic.







