Au Grau-du-Roi, le premier port de pêche de Méditerranée, le mécontentement grandit face à la flambée des prix du carburant, impulsée par la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février. Cette situation met à mal l'équilibre financier des bateaux de pêche. ICI Gard Lozère a visité le chalutier *Matthias-Thomas*, en proie à des difficultés financières.
Au retour au port, Théo, un jeune marin, s'active sur le pont et explique : "Nous avons souvent trois à quatre palettes de poisson à ramasser, mais aujourd'hui, avec ce vent fort, nous ne capturons presque rien. Plus le vent souffle, plus les poissons se cachent en profondeur, rendant notre travail encore plus compliqué."
Les marins, conscients de la gravité de la situation, sont alarmés. Papy David, un marin chevronné, déclare : "Nous perdons entre 200 et 250 euros par semaine, soit 800 à 1 000 euros par mois." Cette perte est principalement attribuée à l'augmentation des coûts de carburant, ce qui les oblige à réduire leurs salaires pour compenser cette hausse.
À quand une ristourne à la pompe ?
Dominique Duprat, patron du *Matthias-Thomas*, observe le prix du litre de carburant grimper de 65 centimes à près de 1,20 euro en quelques semaines. "Cette hausse impacte dramatiquement notre rentabilité. Sur cinq jours de pêche, quatre sont désormais consacrés à la couverture des coûts de carburant," souligne-t-il.
Bien que la ministre de l'Agriculture ait promis soutien aux marins-pêcheurs, ces solutions semblent inadaptées pour beaucoup d'entre eux. "Elle a proposé un report de charge, mais cela ne règle pas le problème de fond", critique Dominique Duprat. Le marin appelle à la mise en place d'une ristourne à la pompe, qui pourrait apporter un répit. Cependant, il souligne que l'aide promise de 20 centimes par litre, prévue pour début avril, doit encore obtenir l'approbation de Bruxelles.







