Le week-end du 14 mars, environ 200 manifestants se sont regroupés pour s’opposer au conflit qui fait rage, un acte audacieux dans un pays où plus de 92 % de la population soutient l'effort de guerre, rapporte Middle East Eye. Ce mouvement, bien que minoritaire, pourrait prendre de l'ampleur si le conflit se prolonge.
Alors que le paysage politique, médiatique et l'opinion publique en Israël ont massivement adhéré à une position pro-guerre depuis le 28 février, une poignée de manifestants courageux s'efforce de faire entendre sa voix contre la guerre en cours. Ces militants souhaitent briser le silence qui entoure la guerre et l'unanimité qui l'accompagne.
Au cours de ces rassemblements, les cris de révolte résonnaient dans les rues de Jérusalem. Des manifestants, certains coiffés de masques à l'effigie de Benyamin Nétanyahou, lançaient des slogans comme : “Un, deux, trois, quatre, on ne veut pas de votre putain de guerre !” rapporte le média. Une autre manifestation s'est également déroulée à Tel-Aviv le même jour.
“On ne peut pas rester les bras croisés”
Ces rassemblements, bien que modestes, ont rassemblé non seulement des pacifistes mais aussi des juifs orthodoxes. Parmi eux, Lawrence Shenkin, 23 ans, qui a déclaré à Middle East Eye : “Mon Dieu ne veut pas que l'État qui prétend agir en son nom mène des guerres et tue sans cesse des milliers de personnes.”
Une manifestante de 46 ans a également exprimé son désespoir face à la faible mobilisation.
“Trump et Bibi [Benyamin Nétanyahou] nous ont entraînés dans une nouvelle guerre absurde. Ils essaient de nous faire taire, mais on ne peut plus rester les bras croisés.”
Elle a ajouté : “On nous prend pour des extrémistes cinglés [pour oser manifester contre la guerre].”
Selon les derniers sondages, 92,5 % des Israéliens soutiennent l’opération Lion rugissant, toujours selon Middle East Eye. Toutefois, quelques initiatives commencent à voir le jour, comme une lettre ouverte signée par 80 organisations juives et arabes, adressée au président américain et appelant à mettre un terme à “une guerre dont les objectifs sont irréalisables et qui manque de stratégie de sortie claire.”
Pourtant, cette initiative risque de rester lettre morte, l’opposition politique à Nétanyahou défendant souvent des positions encore plus bellicistes. L'absence de mobilisation populaire pourrait rendre difficile l'émergence d'une alternative pacifiste face à cette guerre en cours.







