Les syndicats Confédération paysanne et Coordination rurale expriment leur exaspération à l'égard de ce qu'ils qualifient de « deux poids, deux mesures » appliqué par l'exécutif et les forces de l'ordre envers l'alliance majoritaire FNSEA/JA. Cette dernière, en revanche, souligne que sa stratégie lui permet d'obtenir des résultats tangibles.
Récemment, 52 militants de la Confédération paysanne ont été libérés de garde à vue ce jeudi, sans poursuites judiciaires, après une manifestation pacifique dans une annexe du ministère de l'Agriculture à Paris. Le syndicat accuse les autorités de recourir à une répression excessive face aux manœuvres de l'alliance majoritaire, dont les actions semblent gérer le soutien gouvernemental.
De son côté, la Coordination rurale (CR) déplore une "politique d’empêchement", attirant l'attention sur le traitement disparate des manifestations à Paris. Par exemple, le 13 janvier dernier, les tracteurs de la FNSEA/JA ont pu circuler librement dans la capitale avec l'agrément des forces de l'ordre, tandis qu'une récente mobilisation de la CR a suscité plus de 11 interpellations.
La FNSEA jouit d'un statut privilégié, sa mobilisation étant déclarée en préfecture et autorisée, alors que la CR et la Confédération paysanne voient leurs demandes systématiquement rejetées. Cette situation a alimenté le sentiment d'injustice au sein de ces organisations, renforçant l'idée d'une "cogestion" entre la FNSEA et le gouvernement. "Nos demandes de manifestations sont toutes refusées", déplore un responsable de la Confédération paysanne.
Les critiques sur le traitement gouvernemental se intensifient, notamment autour de la réponse du pouvoir qui semble ne privilégier que les revendications de l'alliance majoritaire. "Personne, hormis les dirigeants de la FNSEA, n’a réclamé de loi spéciale", ont indiqués des membres de la Confédération paysanne, soulignant leur désaccord sur les solutions apportées notamment face à des problèmes sanitaires.
Pour la FNSEA, cette situation est perçue différemment. Le syndicat revendique une attention particulière de l'État, et se positionne comme le principal interlocuteur dans l'arène agroalimentaire. En réponse aux critiques de la Coordination rurale, la FNSEA conteste leur capacité à obtenir des résultats, citant l'absence de projet concret de leur part. Ce climat de tension entre les différents syndicats agricoles pourrait avoir de réelles répercussions sur la politique agricole en France, comme le souligne Le Monde.







