Moins de dix minutes. Emmanuel Macron a choisi un format bref pour ses vœux adressés aux Français, livrés le 31 décembre. Rare moment de présence après plusieurs mois d'absence médiatique, le président a défendu un bilan érodé par l'abandon de la réforme des retraites, sacrifiée au profit des discussions budgétaires. Cette décision a suscité la déception des Français qui espéraient des actions concrètes.
Dans ce contexte, Macron s'est attardé sur les indicateurs de l'emploi et l'économie française, mettant en avant une inflation jugée comme « une des plus faibles de la zone euro ». Cependant, il a omis d'aborder la crise politique actuelle et la dégradation des finances publiques. Étonnamment, il n'a pas évoqué son engagement de consulter les citoyens sur des questions majeures, une promesse qu'il a abandonnée sans explication.
Face aux tensions géopolitiques croissantes, notamment avec le nationalisme en Europe, Macron a évoqué les valeurs fondamentales de la France : « l’humain, la paix, la liberté », encourageant une résistance contre les défis contemporains. Notamment, pour la première fois, il a fait allusion à son avenir politique, indiquant qu'il ne se représenterait pas en 2027, tout en promettant de protéger l'élection « de toute ingérence étrangère ». Ses vœux, néanmoins empreints d'une certaine résignation, n'ont pas révélé d'initiatives nouvelles, laissant penser qu'il avait internalisé l'idée de sa fin de mandat.
Trois priorités pour l'année à venir
Emmanuel Macron a tout de même souligné que l'année 2026, dernière avant les élections présidentielles, serait « utile ». Il a annoncé trois priorités : l'instauration d'un service militaire volontaire, la régulation des réseaux sociaux pour les jeunes et une nouvelle loi sur la fin de vie, continuellement repoussée depuis 2022. Ces projets visent à renforcer son empreinte dans un paysage politique où il se sent de plus en plus vulnérable, à moins de seize mois du scrutin.
Cette situation d'impuissance est fréquente pour les dirigeants en fin de mandat, qui se voient souvent affectés par une perte d’influence. La stratégie de dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 a encore davantage accru l’instabilité politique en France, rendant la situation sans précédent sous la Ve République. À l’heure actuelle, Macron semble être un simple observateur face aux rivalités qui se dessinent au sein de son propre camp.
Selon certains analystes politiques, comme ceux de Le Monde, cette période pré-électorale devrait s'accompagner d'une anticipation accrue de la part des prétendants à la présidence. Edouard Philippe, ancien Premier ministre, a récemment déploré que « rien d’important pour le pays ne sera véritablement fait jusqu’à la prochaine élection présidentielle », illustrant bien le sentiment de blocage actuel.
Dans l’ambiance feutrée de l’Elysée, lors de son allocution, deux bougies allumées derrière lui signalaient la gravité de la situation. Cette liturgie d’une fin de règne pourrait avoir de lourdes conséquences pour un pays qui se retrouve confronté à d’immenses défis et qui ne peut pas se permettre d’attendre.







