Emmanuel Macron a récemment exprimé sa volonté de rendre l'année 2026 « utile » pour la France, mais ses discours confortent l'idée d'un président en fin de parcours, à l'approche de la prochaine élection présidentielle.
Philippe Moreau-Chevrolet, professeur en communication à Sciences Po, a qualifié ces vœux de « défensifs » et « de repli », soulignant qu'ils manquent de l'optimisme habituel qui le caractérise habituellement. Il a noté que le décor feutré de son discours, d'une durée très courte, reflète une ambiance « crépusculaire », évoquant une certaine mélancolie pour un président dont l'éclat semble s'estomper.
Bruno Cautrès, politologue, a également remarqué l'absence de perspectives dans les vœux présidentiels. « On assiste clairement aux prémices d'une sortie de scène d'Emmanuel Macron », a-t-il déclaré, alertant sur l'ampleur limitée des projets évoqués. Au lieu de grandes réformes, il a mentionné des initiatives comme l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans ou une loi sur la fin de vie.
Cette situation intervient alors que Macron apparaît de plus en plus isolé, ne mentionnant que brièvement le Premier ministre Sébastien Lecornu. Son ancien Premier ministre, Édouard Philippe, critique cette absence de stratégie, la qualifiant d'« année sans cap » et prédisant qu’« aucun changement décisif » ne surviendra avant 2027.
Alors que Macron s'efforce de se projeter dans cette dernière année, il tente également de garder le contrôle sur le calendrier politique. Selon Philippe Moreau-Chevrolet, « en réalité, nous sommes déjà en campagne pour 2027, mais il veut gagner du temps et se présenter comme toujours actif ». Malgré les défis budgétaires l'assaillant, Macron a encouragé le gouvernement et le Parlement à travailler ensemble pour établir des accords, sans entrer dans les détails.
Un conseiller ministériel a affirmé qu'il était judicieux pour le président de ne pas aborder des questions budgétaires sensibles dans une Assemblée sans majorité. Le ton mesuré des vœux de Macron reflète une stratégie de compromis, même si cela laisse un goût de déception chez de nombreux citoyens. Les attentes semblent bien plus élevées face aux enjeux majeurs que la France doit relever.
Le président français, dans son ultime message d'espérance, soutient une vision de « nation plus solidaire » tout en insistant sur des valeurs qui lui sont chères tels que le progrès et la culture. Reste à savoir si ces paroles se traduiront en actions tangibles avant la fin de son mandat.







