Dans un contexte judiciaire intense, l'ex-maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, a encore une fois affirmé son innocence, durant le premier jour de son procès en appel pour chantage à la sextape, qui l’a conduit à perdre son mandat. "Je ne suis à l'initiative de rien", a-t-il déclaré en conférence de presse, revenant sur une affaire qui a suscité un large intérêt médiatique.
Gilles Rossary-Lenglet, son principal accusateur, qui a révélé l'affaire à Médiapart en 2022, a insinué que Perdriau était en effet le commanditaire du complot. Ce dernier, s’exprimant avant d’entrer dans la salle d’audience, a promis la révélation d’éléments nouveaux, affirmant que cela prouverait sa véracité.
Rappelons que le 1er décembre, Perdriau avait été trouvé coupable de chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics. Selon le tribunal de Lyon, ses actes étaient caractéristiques d’un élu négligeant ses devoirs d'intégrité et d'exemplarité. Avec une peine de cinq ans de prison, dont quatre fermes, il a purgé deux mois en détention cet hiver.
Son ancien directeur de cabinet, Pierre Gauttieri, a pour sa part reconnu sa culpabilité et n’a pas fait appel, tandis que deux autres co-prévenus ont également décidé de ne plus contester leur culpabilité, espérant abaisser leur peine. Actuellement, seul Perdriau soutient son innocence.
La machination alléguée remonte à 2015, lorsque Gilles Artigues, un ancien adjoint, a été filmé à son insu. Ce film a ensuite été utilisé pour faire pression sur lui, étant soupçonné de vouloir s’éloigner politiquement de Perdriau. Enquête récente révèle que Rossary-Lenglet et Gauttieri accusaient ouvertement le maire d’avoir orchestré cet acte, mettant en lumière l’usage de subventions détournées.
Gilles Artigues, de son côté, a exprimé son angoisse face à cette "nouvelle épreuve" et désire un retournement de situation de la part de Perdriau. À son entrée au tribunal, il était accompagné de sa famille, affichant une tranquillité apparente.
La défense de Perdriau a avancé qu’il n’était pas le véritable commanditaire, et que sa connaissance de la vidéo était l'aboutissement de rumeurs qui circulaient. "Une menace, peut-être, mais en aucun cas du chantage", a affirmé son avocat, Me Jean-Félix Luciani, tout en espérant une requalification des faits.
Un témoignage audio compromettant, enregistré à son insu, mettait Perdriau en lumière, mentionnant une vidéo compromettante. La bataille judiciaire semble loin d'être conclue, et l’opinion publique continue de surveiller l’évolution de cette affaire tumultueuse.







