Alors que des tensions émergent au sein du corps enseignant, le directeur de Sciences Po, Luis Vassy, se voit confronté à des critiques liées à sa gestion. Cependant, il reste ferme sur sa position, affirmant avoir le soutien du ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste. Mercredi, lors d'une interview sur France Inter, il a déclaré : "La liberté est totale à Sciences Po, où toutes les opinions peuvent s'exprimer, y compris les plus radicales."
Sa défense fait suite à l'intervention controversée de la police en avril dernier, qui avait fait des vagues au sein de l'institution. Cette intervention a été critiquée par de nombreux acteurs académiques, mais Vassy soutient qu'elle était nécessaire à ce moment donné. "Il est regrettable que la police soit intervenue, mais je dois rappeler que le dialogue n'était pas envisageable avec les étudiants qui refusaient de discuter avec l'administration," a-t-il ajouté.
Cette situation découle d'une protestation contre la proposition de loi Yadan, traitant des nouvelles formes d'antisémitisme. Environ 70 étudiants ont écopé de contraventions — une première dans un espace universitaire — et cela a entraîné une réaction virulente de 145 enseignants, dénonçant un climat de "répression" sous la gouvernance de Vassy, qu'ils qualifient également d'"unilatérale".
Critiques également à l’égard de sa gestion du Centre de recherches internationales (Ceri), où son ancien directeur Jean-François Bayart a exprimé ses préoccupations dans une tribune au "Monde" fin mai. Vassy, quant à lui, reste sûr de son approche, affirmant : "Aujourd'hui, il existe des débats à Sciences Po, ce qui est tout à fait sain. Il n’y a pas de crise à l’horizon."
Les tensions liées aux interventions policières
Le climat est tendu à Sciences Po, et Vassy n’a pas hésité à justifier les mesures ancrées dans sa politique, mettant en avant que “nul ne possède les espaces communs” et chacun a le droit de les utiliser. Cependant, cette affirmation n’a pas suffi à apaiser les voix dissidentes qui persistent à clamer une gestion plus démocratique de l’établissement.
Soutiens institutionnels et politiques
Malgré les critiques, Vassy reçoit également des soutiens notables. Philippe Baptiste, le ministre de l’Enseignement supérieur, a exprimé sa confiance en son esprit de gestion. Dans une tribune récemment publiée dans "Les Échos", près de 70 personnes, incluant des enseignants et anciens ministres comme Bernard Cazeneuve et Clément Beaune, ont également exprimé leur soutien. "Sa seule préoccupation est de garantir un environnement de travail serein pour tous," déclarent-ils.
Alors que le débat autour de la liberté d’expression et des méthodes de gouvernance à Sciences Po continue de faire couler beaucoup d’encre, Luis Vassy demeure résolu à défendre sa vision d’une institution ouverte à toutes les voix, sans distinction de bord politique.







