Le maire de Valenciennes, Laurent Degallaix, membre du parti Horizons, a été condamné à une inéligibilité de cinq ans, avec effet immédiat, pour des délits graves tels que la prise illégale d'intérêts et la subornation de témoin. Cette décision a été rendue par le tribunal de Lille, qui l'a également condamné à deux ans de prison avec sursis et à une amende de 20 000 euros.
Degallaix s'est montré discret en quittant le tribunal, accompagné de ses avocats, sans faire de déclaration à la presse. Les juges ont souligné que cette peine d'inéligibilité, assortie d'une exécution provisoire, est conforme aux recommandations du parquet.
Lors de l'audience, le parquet avait requis un an d'emprisonnement en détention à domicile sous surveillance électronique, en plus d'une amende de 25 000 euros. En dépit des circonstances troublantes de son procès, qui s'était déroulé en pleine campagne électorale, Degallaix a été réélu à la mairie avec 32,5 % des voix en mars dernier.
Maire depuis 2012, Degallaix a également la présidence de Valenciennes Métropole, une communauté d'agglomération de 200 000 habitants. Les charges retenues contre lui comprennent des tentatives de favoritisme pour embaucher une complice, ainsi que des pressions pour qu'elle abandonne une plainte à son encontre.
La présidente du tribunal a constaté un "sentiment d'impunité" chez Degallaix et une "perte de repères complète" dans son comportement. Eric Darques, de l'association AC!! Anti-Corruption, a salué la décision de la justice, affirmant que des élus ayant de tels comportements n'ont pas leur place au sein des collectivités locales.
Le procureur a rappelé la "gravité des manquements" qui nuisent à l'image des fonctions électives, relevant que Degallaix n'était pas étranger à ce type de comportements, ayant déjà été condamné pour une infraction similaire par le passé.
Après avoir tenté, sans succès, de suspendre le procès jusqu'après les élections municipales, l'avocat de Degallaix a dénoncé des réquisitions jugées "disproportionnées", qu'il percevait comme une "exécution politique". Dans la foulée, un collaborateur de la société concernée a également été condamné, recevant 18 mois de prison avec sursis.







