À un an de l'élection présidentielle, François Hollande affiche son intention de revenir sur le devant de la scène, travaillant sur son projet politique tout en tentant d'imposer l'idée de sa candidature. "Comment être utile aujourd'hui ? En me préparant", a-t-il déclaré récemment dans une interview accordée à "Marianne".
Le défenseur d'une "gauche réformiste" a été marqué par son quinquennat précédent, qui s'est terminé sur une note d'impopularité. Jean-Christophe Cambadelis, ancien premier secrétaire du Parti socialiste, indique que Hollande poursuit sa "stratégie des petits cailloux". Devenu député de Corrèze sous les couleurs du Nouveau Front populaire en 2022, François Hollande, 71 ans, constate une concurrence accrue de figures comme Raphaël Glucksmann et Bernard Cazeneuve sur son créneau social-démocrate.
Une stratégie de positionnement
La compétition s'annonce conviviale. Selon un proche, un ensemble de débats devrait permettre de déterminer qui est en mesure de devancer Jean-Luc Mélenchon au premier tour. "Esquissez le tableau, mais restez vigilant sur les forces en présence", résume Cambadelis. Ce week-end, Hollande se rendra à Liffré, en Ille-et-Vilaine, pour une rencontre de la social-démocratie, aux côtés de Glucksmann et d'autres personnalités du Parti socialiste.
Hollande se positionne en mettant en avant sa différence avec les autres candidats en expliquant qu'il a déjà été président. Dans son esprit, convaincre l'électorat de gauche et du centre dès le premier tour est primordial. Pour cela, il multiplie les rencontres afin de concocter une dizaine de grands axes de pré-programme à dévoiler à la fin août.
L’élaboration d’un projet politique
Wilfrid Pailhès, élu municipal proche d'Hollande, mentionne que ce dernier veut des idées fraîches et ne souhaite pas se cantonner à son bilan de 2012. Il envisage de mettre l'accent sur des thèmes comme l'éducation et la recherche. Une association de financement pour sa campagne, "Démocratie 2030", est en cours de création, soutenue par des personnalités du monde économique.
Hollande se montre réticent à l'idée d'une primaire, préférant désigner un candidat une fois que les sondages auront commencé à se cristalliser. Toutefois, le politologue Rémi Lefebvre reste sceptique quant à ses chances, bien que les circonstances actuelles favorisent un retour. "La candidature d'un ancien président est perçue comme un élément de stabilité dans un monde chaotique", commente-t-il.
Quels obstacles à sa candidature ?
Le principal défi pour Hollande réside dans l'image qu'il conserve auprès d'une partie de la gauche qui lui reproche certaines de ses décisions du passé, notamment la loi Travail. "Le Parti socialiste ne peut pas miser sur Hollande, cela serait se reconnaître une défaite", anticipe Lefebvre. Dans un paysage politique où la nouveauté est devenue un atout, Raphaël Glucksmann pourrait tirer son épingle du jeu.







