Le traité de libre-échange entre l'Union Européenne et les pays du Mercosur soulève des inquiétudes mais offre également des perspectives prometteuses pour les agriculteurs, viticulteurs et diverses industries françaises. Les échanges économiques pourraient non seulement enrichir le marché local, mais aussi favoriser une compétitivité accrue à l'international.
Des cargaisons de vins français, tels que ceux produits par Nicolas de Lorgeril en Languedoc, pourraient bientôt inonder le marché brésilien. Actuellement, ce viticulteur exporte déjà 10 000 bouteilles, majoritairement des chardonnays, vers le Brésil. "Avec le Mercosur, nos tarifs douaniers subiront une réduction, rendant nos produits plus accessibles. C'est essentiel dans un contexte où le marché européen montre des signes de ralentissement dû à la crise du pouvoir d'achat", affirme-t-il.
La filière laitière : une des grandes bénéficiaires du traité
Mais les viticulteurs ne sont pas les seuls à tirer parti de cet accord. La filière laitière, en particulier, verra ses droits de douane diminuer significativement, passant de 28% à 0%. Cela permettra l'entrée de 30 000 tonnes de fromage et 10 000 tonnes de poudre de lait annuellement, exonérées de taxes.
Cependant, la réduction des droits de douane nourrit également l'inquiétude parmi les éleveurs, qui craignent la concurrence de la viande bovine importée. En effet, jusqu'à 99 000 tonnes de viande bovine pourraient entrer en Europe chaque année sous des conditions tarifaires allégées, bien que ce chiffre représente une part minime de la totalité de la production européenne. Selon les estimations, cela reviendrait à un steak d'environ 220 grammes par habitant chaque année.
Ce nouvel accord ne touche pas uniquement l'agriculture ; d'autres secteurs tels que l'automobile, les produits pharmaceutiques et le luxe voient également de nouvelles opportunités. "Les droits de douane en vigueur dans les pays du Mercosur sont particulièrement élevés, donc leur suppression aura un impact significatif sur nos industries, rendant nos produits plus attractifs sur ce marché", indique Charlotte Emlinger, économiste au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii).
Les premières projections estiment que les exportations de l'UE vers le Mercosur pourraient augmenter de près de 40 % d'ici 2040, transformant ainsi le paysage commercial actuel.







