Des produits macabres se vendent à des prix atteignant parfois 10 800 euros. Originaire de Suisse, ce phénomène capitalise sur une ambiguïté juridique pour se développer sur des plateformes comme eBay et Leboncoin.
"Crâne fœtal d’une grande beauté" est une des description que l’on peut retrouver dans des annonces éparpillées parmi des vêtements usagés et d’articles de décoration. Une enquête récente publiée par la RTS met en lumière la présence d’un commerce inquiétant de restes humains sur des sites de revente comme la marketplace de Facebook, eBay et encore Leboncoin.
Bien que ces plateformes interdisent clairement tout contenu associé à des restes humains, les contrôles sont extrêmement rares, rendant la régulation presque impossible.
Une faille juridique à exploiter
Les vendeurs exploitent habilement une lacune juridique. "Au lieu de mentionner le prix dans le texte de l’annonce, ils l’affichent sur la photo ou modifient l’orthographe du mot 'humain'", observe Damien Huffer, chercheur à l’université d’Adélaïde et spécialiste du trafic de restes humains. Depuis 2008, la Suisse a ratifié la Convention sur les droits de l’Homme et la biomédecine, qui prohibe toute exploitation commerciale du corps humain. Cependant, comme le souligne Nicolas Tschumy, doctorant en droit, "il n'existe aucune sanction pénale, ce qui constitue une véritable faille dans notre législation". Ce flou légal permet aux commerçants de continuer leur activité sans crainte de répercussions légalement.
Un vendeur basé à Saint-Gall propose ainsi un large éventail d'ossements humains, allant de crânes adultes à 2000 euros à des squelettes complets à plus de 10 000 euros. Celui-ci tient néanmoins à préciser que son activité se veut "à l'écart des pratiques illégales, comme la profanation de tombes".
Selon les statistiques du commerce extérieur, les importations d'ossements humains, tels que crânes et squelettes, en provenance des États-Unis ont augmenté de 247 % entre 2022 et 2025. La Poste Suisse rappelle quant à elle que l'envoi de restes humains par colis est strictement interdit, mais il n'existe pas d'inspection systématique du contenu des envois.







