La grève de 24 heures entamée à la SNCF a plongé le réseau ferroviaire français dans le chaos ce mercredi 10 juin 2026. Au-delà des TGV, les trains régionaux et de banlieue subissent également des suppressions conséquentes, exacerbant les difficultés de déplacement dans tout le pays. Les syndicats, à l'origine de ce mouvement, mettent en avant les conséquences de l’ouverture à la concurrence qui, selon eux, fragilise le statut et les conditions de travail des cheminots.
Une interpellation des usagers
Les disruptions ne touchent pas uniquement les TGV, comme l’a annoncé SNCF Voyageurs. Les usagers des lignes régionales ces « trains du quotidien », verront leur expérience de transport gravement altérée. Jean Castex, le PDG de la SNCF, a affirmé que le trafic sera « fortement perturbé » durant toute la journée, avec environ un TGV sur trois et un Intercités sur deux supprimés.
Dans la région Île-de-France, Transilien SNCF et Île-de-France Mobilités conseille aux voyageurs de repousser leurs déplacements si cela est possible, tandis qu’un train sur deux ou trois disparaitra sur de nombreuses lignes, excepté le RER A, relativement épargné.
La grève, qui a commencé dès mardi soir, a déjà conduit à l'annulation de plusieurs trains à grande vitesse, y compris des Eurostar pour Londres et Bruxelles, conséquence directe de ce mouvement.
Les racines de la grève
La principale revendication des syndicats – CGT-Cheminots, Unsa Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots – concerne la mise en place d'un moratoire sur l’ouverture à la concurrence. Cela s'inscrit dans le cadre de réformes entamées l’année précédente, incitant les régions à choisir de nouveaux exploitants pour leurs lignes, au détriment de la stabilité des emplois et des conditions de travail, comme l’a souligné Julien Delion, conducteur et représentant syndical.
Au total, 27 000 agents pourraient être affectés par ces changements structurels, entraînant des inquiétudes quant à la réduction des jours de repos et l’allongement des heures de travail. “Il y a une atmosphère très tendue”, indique-t-il, surtout dans les régions telles que les Landes ou les Pyrénées-Atlantiques, où les annonces de concurrence sont imminentes.
Une transformation interne significative
Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué, a reconnu que la situation représente une transformation interne majeure. Bien que des efforts soient mis en avant pour sécuriser les postes des cheminots, beaucoup craignent des licenciements si le transfert vers des filiales locales se concrétise. Les experts mettent donc en lumière la précarisation progressive que cela pourrait engendrer.
La compétition commence également à toucher les lignes TGV, sans appel d’offres unique, ce qui crée des problématiques de saturation et d'inégalités entre opérateurs. S'inspirant des crises vécues au sein d'autres grandes entreprises de services, comme France Telecom, les syndicats soulignent les conséquences dramatiques de ces bouleversements, notant 13 suicides enregistrés à la SNCF depuis le début de l'année 2026.







