Au Mali, le weekend dernier a été marqué par des affrontements dévastateurs orchestrés par des groupes jihadistes alliés aux rebelles touareg, aboutissant tragiquement à la mort du ministre de la Défense. Les séparatistes du nord du pays prétendent avoir repris plusieurs positions stratégiques, tandis que les mercenaires russes, soutiens traditionnels de la junte, semblent en grande difficulté.
Un calme précaire s'est installé ce lundi à Bamako et à Kati, à proximité de la capitale, après deux jours de combats intenses entre l'armée malienne et les forces jihadistes. Ces affrontements, d'une violence inédite, plongent le pays dans une nouvelle période d'incertitude politique et sécuritaire, comme l'indique Le Monde.
Tout a basculé samedi lorsque des assaillants ont réalisé une série d'attaques concertées visant des installations clés de la junte. Selon les autorités et diverses sources, ces opérations ont été menées par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), qui est lié à Al-Qaïda, conjointement avec le Front de libération de l'Azawad (FLA), un mouvement séparatiste touareg actif dans le nord.
Le dernier bilan communiqué samedi soir indiquait 16 blessés, civils et militaires réunis, bien que l'ampleur des combats pourrait suggérer un nombre de victimes plus élevé, notamment parmi les civils.
Le ministre malien de la Défense tué
Figure emblématique de la junte au pouvoir depuis le coup d'État de 2020, le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, a été mortellement blessé lors des attaques sur Kati, selon un communiqué officiel. Son domicile a été ciblé par un véhicule piégé contrôlé par un kamikaze.
Le général Camara a été blessé avant d'être transporté à l'hôpital, où il a malheureusement succombé à ses blessures. Des funérailles nationales lui seront accordées en hommage à son service. Âgé de 47 ans, il était considéré comme un pilier du régime militaire, et sa mort inflige un coup politique sévère à la junte.
De plus, le général Assimi Goïta, leader de la junte, a disparu de la circulation depuis le début des hostilités. Selon une source sécuritaire malienne, il aurait été exfiltré pour sa sécurité, mais son silence suscite des interrogations sur la gestion de la crise.
Des mercenaires russes coincés entre les combats
Les rebelles du FLA ont revendiqué le contrôle total de Kidal, une ville cruciale dans le nord du pays. Les mercenaires russes, désormais unis sous le groupe Africa Corps après le retrait des forces Wagner, se trouvent dans une position périlleuse en tant que soutiens de la junte. D'après des sources locales, un accord pourrait avoir été trouvé pour leur évacuation éventuelle en direction de la Libye.
Des rebelles ont diffusé une vidéo affirmant montrer le départ de troupes, accompagnées d'acclamations, alors que le FLA atteste avoir pris des positions dans la région de Gao. Ces événements illustraient l'affaiblissement des capacités de contrôle de la sécurité malienne, malgré le soutien russe, et mettent en lumière les difficultés de la junte à maintenir son autorité dans le nord du Mali.
Le JNIM proclame "la victoire"
Le JNIM, en lutte contre le pouvoir militaire de Bamako, a déclaré samedi soir sa "victoire" en revendiquant la responsabilité des attaques visant diverses cibles, y compris le bureau du président. La Coalition des forces pour la République (CFR), un mouvement influent, a réagi en qualifiant la situation au Mali de "dangereuse", rappelant que la junte avait promis la sécurité et la stabilité, maintenant visiblement en défaut.







