Le rappeur Freeze Corleone a été reconnu coupable d'apologie du terrorisme, une décision tombée ce lundi 27 avril à Nice. Il écope d’une peine de 15 mois de prison avec sursis ainsi qu’une amende de 50.000 euros, en raison de paroles jugées provocantes dans l’une de ses chansons.
Dans le titre Haaland, en collaboration avec le rappeur allemand Luciano, des allusions à l'attentat du 14 juillet 2016, qui avait coûté la vie à 86 personnes sur la Promenade des Anglais, semblent implicites. Bien que le nom de la rue ne soit jamais mentionné, les rimes et le silence qui suit une phrase inachevée soulèvent des interprétations inquiétantes : "En défense j'suis Kalidou, t'es Lenglet. Burberry comme un grand-père anglais. J'arrive dans l'rap comme un camion qui bombarde à fond sur la...".
Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a alors estimé que "l'art peut et doit nous bousculer" tout en qualifiant Freeze Corleone de "Dieudonné du rap français" à cause de ses propos controversés. Il a ajouté que le rappeur faisait preuve d'une "volonté de provocation dans une logique mercantile", en réclamant 18 mois de sursis lors du procès.
2.800 euros de dommages et intérêts
Issa Lorenzo Diakhaté, l'identité vraie du rappeur de 33 ans, a choisi de ne pas répondre aux accusations, restant silencieux pendant l'enquête ainsi qu'au procès. Son avocat, Me Adrien Chartron, a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel, dénonçant une décision jugée "plus autoritaire que légale", soulignant qu'elle se basait sur des mots non prononcés.
Ce jugement fait naître un débat sur la liberté d'expression ainsi que sur les limites que pourrait connaître l'art, notamment dans le milieu musical. Plusieurs spécialistes ont soulevé des questions quant à la responsabilité des artistes face aux contenus qu'ils diffusent.







