Plus de 250 Indiens, se présentant comme des descendants d'une tribu biblique, ont atterri jeudi dernier à Tel-Aviv. Cette opération a été orchestrée par les autorités israéliennes pour faciliter leur installation en Israël. Accueillis avec la chanson « Evenou shalom alechem » (« Nous vous apportons la paix »), ils ont traversé une arche de ballons aux couleurs du drapeau israélien, témoignant d'un moment de grande émotion.
Ces nouveaux arrivants, connus sous le nom de Bnei Menashe (« Fils de Manassé »), sont les premiers à bénéficier d'un programme de financement de leur immigration, initié par le gouvernement israélien en novembre 2025. Ce programme vise à accueillir environ 4 600 membres de cette communauté du Manipur, dans le nord-est de l'Inde. « C’est un moment historique », a déclaré Ofir Sofer, ministre de l’Intégration, en annonçant le début de cette opération qui permettra à toute la communauté de revenir en Israël.
Dagan Zolat, un Israélien vivant depuis deux décennies en Israël, a exprimé sa joie de retrouver un ami d’enfance fraîchement arrivé en Israël. « Nous étions voisins, parmi les rares juifs de notre village », se remémore-t-il avec émotion. Ce nouvel arrivant partage un passé commun avec lui, ayant côtoyé son fils, soldat décédé au combat à Gaza en 2024.
Les Bnei Menashe se considèrent comme les descendants de Manassé, de l'une des douze tribus d'Israël, invinciblement liés à l'histoire biblique. Une association, Shavei Israël, s'investit depuis des années pour retrouver les descendants des « tribus perdues d’Israël ». À ce jour, environ 4 000 Bnei Menashe ont déjà fait le voyage vers la Terre Sainte depuis les années 1990, alors que près de 7 000 autres vivent encore dans leur terre d'origine.
Le cheminement des Bnei Menashe a conduit leurs ancêtres à travers la Perse, l'Afghanistan, le Tibet et la Chine. Bien que certains rites juifs aient été préservés, comme la circoncision, le rabbinat officiel d'Israël n'a pas reconnu leur statut juif, car ils avaient été convertis au christianisme au XIXème siècle par des missionnaires.
Les 250 nouveaux immigrants seront installés dans le nord d’Israël et devront entreprendre un processus de conversion pour obtenir la nationalité israélienne en vertu de la « loi du retour », qui accorde la citoyenneté aux juifs. Les Bnei Menashe subissent encore des épreuves : le Manipur, où ils vivent, est le théâtre d'un ancien conflit avec la communauté hindoue des Meitei. Ce conflit a causé des destructions significatives, touchant de nombreux membres de la communauté.
Depuis avril 2025, la vague d'immigration vers Israël a vu plus de 18 000 juifs quitter leur pays d'origine, parmi lesquels 6 000 viennent de Russie et 3 500 des États-Unis. Cette dynamique représente cependant une baisse de 18 % par rapport à l'année précédente, selon des statistiques récentes. L'histoire continue de se tisser entre passé biblique et présent moderne, alors que les Bnei Menashe prennent le chemin de retour vers leurs racines.







