Ce mardi 23 juin, des magistrats vauclusiens ont organisé une mobilisation devant le tribunal judiciaire d'Avignon pour exprimer leur indignation face aux sanctions imposées par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, après la tragique affaire de Lyhanna, une jeune collégienne décédée le 4 juin dernier. "Malheureusement, des affaires Lyhanna, il y en aura d'autres si aucun moyen n'est apporté pour la justice,"
Une vingtaine de membres du siège et du parquet, réunis dans la salle des pas perdus du tribunal, dénoncent leur mécontentement face à une situation qu'ils jugent insupportable. À l'initiative de plusieurs syndicats de la magistrature, cette action vise également à soutenir leur consœur du parquet d’Auch, qui a été mise sous le feu des projecteurs par Gérald Darmanin. Les magistrats, arborant des lettres formant la phrase "Ici c'est Auch", ont souligné les conditions de travail de plus en plus précaires et le "manque cruel" de ressources humaines et matérielles.
Les professionnels de la justice affirment que toute la chaîne judiciaire est touchée, de la plainte à la décision finale. Ils ont fait valoir que les politiques choisissent souvent de pointer du doigt des coupables plutôt que de sattaquer à la véritable problématique des moyens. Comme le rappelle La Provence, un magistrat avait déjà exprimé, en décembre 2025, que "on se serre la ceinture" à cause de coupes budgétaires dévastatrices qui impactent gravement leur charge de travail.
Deux postes de magistrats non pourvus
Le bâtonnier des avocats avignonnais à cette époque, Philippe Cano, avait qualifié la situation de "parquet en souffrance" et a mentionné un état "en urgence absolue". Les réserves exprimées par les membres de la justice mettent en lumière la nécessité d'une réforme en profondeur du système judiciaire, qui est en proie à un désinvestissement à long terme. Comme le souligne le tribunal lui-même, "sans des moyens adéquats, la justice ne pourra remplir son rôle fondamental."







