Ce jour-là, le procureur général a annoncé avoir demandé une analyse déontologique concernant quatre avocats en raison de certains incidents notables survenus lors d'un procès entourant deux chefs présumés de la DZ Mafia. Les préoccupations portent sur des pratiques « préoccupantes », tout en préservant le respect du droit d'une défense correcte.
"J'ai saisi la bâtonnière de Marseille pour une avocate de cette ville, ainsi que les procureurs généraux de Toulouse et de Paris pour les avocats concernés dans ces régions," a déclaré Franck Rastoul, procureur général de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, dans une interview accordée à l'AFP.
Des incidents répétés en trois semaines
Les avocats impliqués incluent Christine D'Arrigo, Emmanuelle Franck, Raphaël Chiche et Karim Morand-Lahouazi. Le Conseil de l'Ordre des avocats de Paris a refusé de commenter les plaintes, tandis que la bâtonnière de Marseille n'a pas encore répondu aux sollicitations. Jean-Claude Michèle, avocat de la défense, a également manifesté son incompréhension quant à ces allégations.
Pour le procureur Rastoul, il ne s'agit pas de contester le droit à une défense efficace, mais il soulève des doutes face à des semaines entières d'incidents, sans avoir pu aborder le fond du dossier. "Quand vous avez trois semaines de conflits, cela pose questions sur l'application des règles de professionnalisme,” a-t-il commenté.
Le procès, ayant eu lieu du 23 mars au 14 avril, était axé sur un double homicide survenu en 2019, au cours duquel les incidents de procédure se sont multipliés, notamment à l'initiative des avocats de la défense, créant une atmosphère tendue, selon les témoignages de plusieurs observateurs. L'événement a été qualifié de "chaotique" par un représentant de la cour.
Des sentences jugées légères
Le jugement final, rendu avec un retard de quatre jours, a conduit à la condamnation de Gabriel Ory, un leader supposé de la DZ Mafia, à 25 ans de réclusion pour avoir orchestré le double homicide, tandis qu'Amine Oualane a été acquitté. En réaction, le parquet a annoncé son intention de faire appel du verdict.
Les commanditaires des meurtres, Karim Harrat et Walid Bara, ce dernier jugé par contumace, avaient également écopé de 25 ans de prison. Les exécutants, Zaineddine Ahamada et son complice Adrien Faure, se sont vus respectivement infliger 25 et 15 ans de réclusion criminelle, des peines inférieures aux exigences initiales du ministère public, qui avait demandé la réclusion à perpétuité pour plusieurs accusés.
En ce qui concerne Walid Bara, jugé par contumace, il a été arrêté en Espagne le même jour que la lecture du verdict. Il est prévu qu'il soit extradé vers la France, un processus qui pourrait prendre plusieurs semaines, laissant ouverte la possibilité d'un nouveau procès.







