Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé mardi à Paris l'examen d'une "loi d'urgence agricole" au Parlement, prévue avant l'été. Cette déclaration fait suite à la mobilisation de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs, qui ont défilé en tracteurs dans les rues de la capitale pour exprimer leur désespoir face aux enjeux actuels de la profession.
Sur le réseau social X, Lecornu a expliqué avoir chargé la ministre Annie Genevard de préparer ce texte en vue du Salon de l'agriculture, qui se tiendra fin février. Les priorités évoquées incluent la gestion de l'eau, la prédation ainsi que les moyens de production, des sujets particulièrement sensibles pour le secteur.
"Nous allons fixer un cap clair sur la politique de l'eau d'ici le Salon, et j'ai également demandé un moratoire sur toute décision relative à cette question", a-t-il ajouté. Cette annonce vise à rassurer une profession qui se sent souvent laissée pour compte par les politiques publiques, alors que le secteur fait face à des défis croissants liés aux aléas climatiques et économiques.
Les agriculteurs, rassemblés en grand nombre, ont fait appel à une loi spéciale pour aborder des problématiques telles que la prédation du loup, la régulation de l'eau et le relâchement des normes concernant les nitrates. Lors de leur manifestation, ils ont déversé plusieurs tonnes de pommes de terre sur le pont de la Concorde, une manière de sensibiliser le public à leur cause.
Des sources au sein de la FNSEA relèvent que le mécontentement est profond. Un agriculteur, Guillaume Moret, qui a conduit son tracteur depuis le Val d'Oise, a affirmé : "On est au bout du bout, cela fait trois ans qu'on n'a pas de revenu sur nos exploitations." Cette grogne est renforcée par l'absence de solutions concrètes de la part des politiques face à une crise qui semble perdurer.
Dans un contexte d'accords de libre-échange, comme celui avec le Mercosur, qui pourraient menacer la production locale, les agriculteurs expriment un ras-le-bol face à une situation de précarité. Le gouvernement a pour sa part promis un enveloppe de 300 millions d'euros pour répondre aux urgences agricoles, mais la colère ne semble pas apaisée.
Les manifestations de ce mardi, bien que soutenues par la FNSEA majoritaire, mettent également en lumière des tensions entre différents syndicats agricoles, comme l'a souligné la Coordination rurale, qui a dénoncé des traitements inéquitables de la part des autorités.
Avec une volonté de dialogue, Sébastien Lecornu a rencontré des représentants du secteur agricole et a promis des discussions sur l'application de la loi Duplomb, pourtant attendue depuis des années. Les défis à relever sont nombreux, mais l'engagement affiché du gouvernement pourrait finalement redonner espoir aux agriculteurs français.







