Une nouvelle bataille juridique éclate autour des droits d'auteur à l'ère de l'intelligence artificielle. Plusieurs acteurs majeurs de l'édition française, parmi lesquels Hachette, ont annoncé avoir porté plainte contre Google pour avoir utilisé sans autorisation des œuvres protégées dans le développement de son IA Gemini.
Dans leur plainte déposée à New York, Hachette Book Group, Cengage Learning, et Elsevier, entre autres, expriment leur indignation face à ce qu'ils considèrent comme une appropriation massive. "L'ampleur et la rapidité avec laquelle Gemini peut potentiellement créer des livres et défier les auteurs humains sont sans précédent", soulignent-ils dans leur réclamation.
Une série de plaintes en cours
Les plaignants allèguent que les contenus générés par l'IA de Google non seulement usurpent le travail des auteurs, mais imitent également leur style et leurs choix créatifs. "Gemini adapte même ses réponses pour reproduire des éléments stylistiques spécifiques", affirment-ils. Leur demande au tribunal inclut l'arrêt immédiat de ces pratiques, ainsi que des compensations financières, dont le montant reste indéterminé.
Ce recours s'inscrit dans une tendance plus large, de nombreuses entreprises du secteur de l'édition s'unissant pour faire valoir leurs droits face à l'utilisation croissante des technologies d'IA. Des poursuites similaires avaient déjà été engagées par Hachette, Cengage et d'autres contre Meta en mai dernier pour des raisons identiques.
Des experts juridiques notent que cette offense met en lumière les défis que pose l'utilisation de l'IA en matière de droits d'auteur. Selon un récent article de Libération, bien que des accords aient parfois été trouvés, l’appropriation des contenus protégés reste une problématique épineuse. "Le cas d'Anthropic, qui a signé un accord de 1,5 milliard de dollars avec des auteurs, démontre que les tribunaux sont en train de redéfinir les limites de ce qu'il est acceptable", expliquent-ils.
Alors que Google se retrouve sur le devant de la scène, la question demeure : jusqu'où les entreprises tech pourront-elles aller sans consentement dans ce nouveau paysage numérique ?







