Shiva, une entreprise de ménage à domicile appartenant au groupe Domia, fait face à une enquête pénale après des accusations liées à du travail dissimulé. Des sources proches de l'affaire, ainsi que le parquet de Paris, ont confirmé l'ouverture de l'enquête ce 13 juin.
Trois agents de ménage ont porté plainte, affirmant que Shiva se présente comme un mandataire, jouant le rôle de simple intermédiaire entre les clients et les agents de ménage. En réalité, ils soutiennent que la société a établi un rapport employeur/employé sans respecter les droits associés au statut salarié. Interrogée, l'entreprise conteste vigoureusement ces accusations.
"Une forme de précarité institutionnalisée"
Avec 700 agences franchisees et un chiffre d'affaires de 63,8 millions d'euros en 2025, Shiva est considérée comme un leader dans le secteur du nettoyage en France. Cependant, un collectif d'avocats représentant les plaignants a critiqué l'enseigne, affirmant qu'elle prospère sans assumer les charges sociales et les responsabilités employeurs.
Les avocats, dont Mes Hector Bernardini et Magali Woch, ont déclaré: "Shiva est devenue l'une des plus grandes entreprises de nettoyage sans prendre en charge les obligations légalement requises, reposant sur un modèle qui installe une précarité institutionnalisée chez ses agents." Des plaintes ont été déposées en janvier, selon des informations révélées par le site Basta!.
Suite à cela, la DRIEETS (direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) a été chargée de mener l'enquête. Shiva déclare être ouverte à toute examination de ses pratiques, ajoutant qu'elle n'était pas au courant de cette enquête jusqu'à présent.
"Shiva porte une attention scrupuleuse à la légalité de ses activités, en lien avec ses franchisés dans le cadre du statut de mandataire prévu par la loi", a précisé un porte-parole.
Les plaignants estiment que leurs conditions de travail démontrent un lien de subordination aux pratiques de Shiva. Ils rapportent des exigences telles que la géolocalisation des agents pendant leur travail, ainsi que la gestion de leurs congés et augmentations de salaire par la société.
La plainte évoque également des accusations de marchandage de main-d'œuvre, citant un recours excessif à des contrats à durée déterminée, fragilisant ainsi les employés tout en évitant à Shiva de payer des indemnités de licenciement. Les plaignants citent la jurisprudence autour de Deliveroo, où la plateforme a été condamnée à une amende de 375 000 euros en 2022 pour pratiques similaires, dans le cadre d'un procès pionnier sur les questions d'ubérisation.







