La justice a tranché, et le groupe EDF a été condamné pour harcèlement moral à l'encontre d'un ancien salarié. Arnaud Begin, qui avait été mis à la retraite d'office, a vu son cas confirmé par la Cour de cassation le 25 mai dernier, après que l'énergéticien ait contesté un jugement de la cour d'appel de Reims datant de novembre 2024. L'entreprise a choisi de ne pas commenter cette décision judiciaire.
Cette affaire fait écho à une série de conflits entre EDF et Arnaud Begin, qui a travaillé pour l'entreprise pendant près de trois décennies. Le cadre avait fait valoir qu'il avait subi une pression inadmissible et des changements de poste qui, selon lui, avaient abouti à son départ en retraite précoce, en mars 2024. EDF avait avancé que ce retrait était justifié par des fautes professionnelles de l'ancien employé.
Une faute grave infondée
Dans son jugement, la Cour de cassation a affirmé que les arguments présentés par EDF pour renverser la condamnation étaient "manifestement sans fondement". De plus, l'entreprise a été condamnée à verser 3,000 euros à Arnaud Begin pour couvrir les frais de justice.
En janvier dernier, le conseil de prud'hommes de Paris avait déjà infligé à EDF une amende de 250,000 euros, jugeant la retraite d'office d' Begin comme une "faute grave" injustifiée, dont le licenciement a été requalifié en "licenciement nul". Actuellement, EDF conteste cette dernière décision auprès des tribunaux, affirmant que certains éléments n'ont pas été correctement analysés par les juges.
Arnaud Begin, inspecteur de la sûreté nucléaire, a précisé que les pressions subies étaient liées à ses rapports sur les centrales nucléaires, notamment celles de Dampierre et de Tricastin, portant sur des aspects critiques de sécurité. Dans un échange avec l'AFP, il a déclaré : "EDF proclame vouloir être une entreprise exemplaire, mais la justice a prouvé que des actes de harcèlement moral ont été commis durant plusieurs années." Cette affaire soulève des questions concernant les conditions de travail et la culture managériale au sein de l'entreprise, qui fait face à des critiques croissantes sur son intégrité et son éthique.







